L'educateur et la psychiatrie

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  • Publié le : 27 avril 2011
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Masset Christelle
3Essc

Analyse des phénomènes de société.

« L’éducateur, le patient et la psychiatrie »

Didier Thomas
Introduction :

Qu’est-ce qu'être un patient à long terme en psychiatrie?
Plus généralement, cette question nous conduit à envisager le caractère problématique de la notion d'autonomie.
Ainsi, le concept d'expérience sociale de la maladiementale qualifie non seulement un processus d'ajustement des patients aux effets de l'institution psychiatrique, mais également aux effets de la folie dans toutes les sphères de leur existence car, dans un contexte de « déshospitalisation », la psychiatrie ne définit plus totalement leur trajectoire.
Comment une équipe peut-elle réagir alors qu’elle n’est pas reconnue par sa hiérarchie ?Comment la pédagogie pourrait-elle s’introduire lorsque la place est prise par une imposante norme médicale ?
Quel rôle déterminant pourrait jouer l’éducateur dans la psychiatrie ?

Comment encourager un patient psychiatrisé à rester sujet de sa vie ?

Contexte :

Je suis stagiaire à la clinique psychiatrique des frères Alexiens.
Mon stage se déroule dans un des deux servicesd’observation.
Ces services accueillent des patients aigus, dits « en crise ». Leur pathologie est psychotique ou névrotique.

L’essentiel du travail de l’équipe consiste à faire de l’observation et de l’accompagnement.
Les conditions d’entrée varient selon les patients.

Certains patients arrivent dans ce service par la force : ils y sont emmenés par la police et sont mis en isolement fermejusqu’à la visite du juge et du psychiatre qui décideront de la mise en place éventuelle d’une mesure de protection.

D’autres patients sont envoyés dans cette clinique par leur médecin généraliste : il s’agit souvent de « cas dépressifs ».

D’autres, principalement des anciens patients de cette clinique, font une demande à leur médecin généraliste pour y revenir lorsqu’ils se sentent moins bien.Environ un tiers du service est rempli de patients « réguliers » : ceux-ci connaissent ces services depuis plusieurs années ; ils viennent passer quelques semaines, puis demandent à leur psychiatre pour rentrer ; ils y reviennent régulièrement.

Théoriquement, dans ces services A , les patients ne peuvent pas séjourner plus de trois mois. Passés ce laps de temps, ils seront transférés dans unservice adaptés spécialement à leur pathologie.

J’ai choisi ce lieu de stage parce que je me suis posée les questions suivantes :

- Dans quelles conditions entrait une personne en institution psychiatrique ?
-Qu’est ce qu’elle en pense ?
-Et dans quelles conditions en sort-elle ?

Situation

Gilles est un jeune homme de 25 ans, atteint de schizophrénie développée à l’âge de 19 ans.
Lafamille de Gilles : son père est ingénieur et sa mère, professeur de mathématique à l’Université ; il a un frère de 23 ans qui est en dernière année de sciences politiques.
C’est la deuxième fois que Gilles est hospitalisé en psychiatrie.
La police l’a emmené dans cette clinique à la requête de son père, car il l’a agressé.
Dès son arrivée, il a été mis en isolement ferme en attendant lavisite du juge qui devait le voir pour confirmer la mise sous mesure de protection.
Le juge étant en vacance, Gilles est resté 13 jours en isolement ferme…Le juge l’a vu avec le psychiatre 5 mn et la confirmation de la mesure de mise sous protection est tombée : 6 mois minimum. ….
Gilles est sorti de l’isolement pour aller dans une chambre ; il a été autorisé à circuler librement mais uniquementdans l’enceinte du service mais doit être accompagné hors de celle-ci.

Son habitus « L'habitus, c'est ce qui nous pousse à nous comporter ainsi que nous nous comportons ; P Bourdieu » : http://www.dialogus2.org/BOU/habitus.html (page consultée le 20/5/2009)

Gilles sort très peu de sa chambre : il y reste et écoute ses cd’s - il s’agit essentiellement de musique classique au piano....
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