L'eglise en tant qu'une

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  • Publié le : 9 avril 2011
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DOMUNI

Travail sur le cours du professeur Benoît-Dominique de la Soujeole « L’Eglise en tant qu’une »
Comparer la présentation de l’unité de l’Eglise par la comparaison corps-âme et par la pensée en binôme.

L’ecclésiologie de Bellarmin fondant l’unité de l’Eglise dans une certaine analogie du corps et de l’âme et l’eccésiologie qui tente d’approcher cette même unité par la pensée enbinôme sont redevables d’un certain contexte historique et philosophique. Préalablement à l’exposition des grands axes de chacune de ces ecclésiologies, mon travail s’emploiera donc à dégager, pour chacune d’elle, son contexte respectif. Cela permettra de mettre à jour les difficultés auxquelles elles ont cherché à répondre et celles sur lesquelles elles ont butées.
Dans une reprise synthétique jetenterai alors de conclure en identifiant le foyer théologique où ont pris naissance les orientations décisives de ces deux ecclésiologies.

Le contexte historique, philosophique et théologique

La définition de l’Eglise comme corps et âme dont Bellarmin s’est fait le champion doit être articulée au contexte qui la vit s’épanouir. Historiquement, et en résumant à grands traits, on peut direque ce contexte est celui où la structure organique de la société promue par le féodalisme opère une mue radicale qui accouchera du triomphe de l’individualisme sur lequel la philosophie politique et l’Etat moderne s’édifieront dès Hobbes. L’affirmation du pouvoir royal au dépens des seigneurs féodaux, l’affirmation d’autonomie des grandes villes, le mouvement conciliaire, les grandes découvertesdes explorateurs seront les premiers prodromes de ce renversement de perspective qui retentiront sur les mentalités, suscitant des aspirations toujours plus particulières et singulières, désencastrées des grands ensembles collectifs.
Ce mouvement historique est accompagné d’un lent travail de sape du nominalisme qui au sortir du Moyen-Age relègue dans des sphères d’abstractions toujours plusconfuses les universaux, les substances secondes. Avec Guillaume d’Occam les universaux n’ont plus que le statut de signes, de nomen. Seules les substances premières conservent un statut ontologique et la vraie connaissance ne doit plus se consacrer dès lors exclusivement qu’aux être individuels. Ce qui appartenait au monde de l’être pour les thomistes ( les genres, les formes communes, lesrelations) est ainsi reversé au monde des signes. « Universels et relations ne sont plus que des instruments de pensée. » écrit Michel Villey. Spirituellement, cette fronde lancée par Dun Scott et Guillaume D’Occam contre l’épistémologie et l’ontologie thomiste sera relayée par Luther, et à sa suite par tous les grands réformateurs, pour aboutir à ce que Jacques Maritain appelait parfois « unmanichéisme spirituel » ou un « pélegianisme du désespoir » : une fracture abyssale entre la nature humaine et le déploiement de la grâce.
Une des thèses de Rigal consiste à dire que le développement nécessaire du centralisme romain au Moyen-âge, à partir de la réforme grégorienne, pour restaurer l’autorité de l’Eglise face aux errances du nicolaïsme, de la simonie et de l’investiture temporelle desévêques, eut pour conséquence de progressivement éloigner les clercs des fidèles, par un renforcement de l’ecclésiologie juridique envahie par les questions de pouvoir. Ce qui entraîna une absence toujours plus marquée de la dimension communautaire et pneumatologique. Ainsi les revendications légitimes d’affranchissement des tutelles politiques couplées aux aspirations à une plus grande pénétrationindividuelle et communautaire de l’économie du salut mèneront toute une partie de l’occident, préparée en cela par le travail souterrain du nominalisme, à basculer dans le camp du protestantisme. Le nominalisme doit ainsi être compris comme la structure épistémique fondatrice du protestantisme. Elle recueillit les aspirations pneumatologiques, individualistes légitimes de l’époque, mais au...
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