l'Empire 1804-1814

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  • Publié le : 5 décembre 2013
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L'EMPIRE ENTRE MONARCHIE ET DICTATURE
On n'a pas fini de interrogant sur la nature du pouvoir napoléonien. Que fut-il au juste ? Une dictature ? Une monarchie ? Un régime hybride ? Quel type de dictature a-t-il représenté ? S'il fut une monarchie, a-t-elle été parlementaire, absolve ou éclairée ? Essayons d'y voir clair.
Une dictature ?
Au départ un coup d'État mais justifié par les carencesde la constitution de 1795 qu'il était impossible de réviser par la voie légale, ses auteurs ayant prévu un délai de neuf ans entre l'initiative d'une réforme et la réforme elle-même. C'est donc tout naturellement que Sieyès fait appel à un militaire (il avait d'abord songé à Joubert puis à Moreau) pour intimider les deux assemblées, les obliger à proclamer la constitution de l'an III renverséeet à en accepter une nouvelle, cru Sieyès, destinée à sauver la République.

Sieyès s'est-il arrêté à l'idée d'une dictature provisoire ? L'idée était dans l'air et déjà Marat l'avait revendiquée en 1793. Fabre d'Olivet affirme dans ses souvenirs que les Jacobins purs et durs avaient proposé la dictature à Bernadotte mais celui-ci souhaitait la tenir de la représentation nationale.
La dictaturede Bonaparte est accidentelle : elle est la conséquence de sa maladresse et de son désarroi au conseil des Cinq Cents. L'opération parlementaire de Sieyès est compromise : il faut faire donner la troupe alors que celle-ci n'avait qu'un rôle d'intimidation. Dès lors le vrai patron du coup d'État cesse d'être Sieyès pour devenir Bonaparte, un général. De parlementaire le coup d'État devientmilitaire.
L'accusation de dictature militaire est donc lancée contre le Consulat. En fait, rien ne permet de l'étayer. Bonaparte affirme avec constance la supériorité du civil sur le militaire. Quelques citations : « Nous sommes trente millions d'hommes réunis par les lumières, la propriété, le commerce ; trois ou quatre cent mille militaires ne sont rien auprès de cette masse », ou encore : « Lessoldats ne sont que les enfants des citoyens. L'armée c'est la nation ». Thibaudeau rapporte un propos de Bonaparte au conseil d'État : « Je n'hésite pas à penser, en fait de prééminence, qu'elle appartient incontestablement au civil ».

Certes il faut faire la part de l'opportunisme au temps du Consulat : le souvenir du terrible comité de Salut public qui n'hésitait pas à faire guillotiner sesgénéraux est encore tout frais. Mais rien dans les faits ne permet de parler de dictature militaire. Bien au contraire, beaucoup de généraux complotèrent contre le régime et furent exilés dans des ambassades lointaines. Les généraux n'occupent pas les ministères et les rares officiers envoyés dans des préfectures sont fatigués ou à la retraite. La section guerre au conseil d'État n'a qu'un rôleconsultatif. Il n'y a pas une caste militaire contrôlant tout, du pouvoir à l'économie, Assurément la guerre donne au régime une imprégnation militaire : exaltation du chef, stricte discipline, propagande belliciste et monuments guerriers, Mais rien de comparable à une dictature sud-américaine.

Peut-on parler d'un despotisme éclairé tant à la mode en cette fin du XVIIIe siècle ? Ce fut en effetl'époque où un souverain décidait de faire le bonheur de son peuple sans lui demander son avis et souvent même en le brusquant, En fait, les réformes du Consulat s'imposaient d'elles-mêmes et étaient souhaitées, Le Premier Consul agit en accord avec le peuple grâce à la pratique du référendum, Bonaparte remet ainsi son pouvoir en jeu, Cet usage du référendum est contraire à l'esprit même du despotismeéclairé qui tient le peuple pour incapable de comprendre ce qui assurera son bonheur.

Bonaparte est-il un tyran à la façon d'un Caligula ? Se comporte-t-il en homme dont les fantaisies ne sont bridées par aucun obstacle ? Nullement, malgré les affirmations des pamphlets qui suivirent la chute de l'Empire, s'efforçant de créer une légende noire. Bonaparte doit tenir compte de la constitution....
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