L'empire allemand

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  • Publié le : 7 avril 2010
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LE SECOND REICH, UN REGIME SOUS TENSION

Introduction

Le 18 janvier 1871, dans la Galerie des Glaces du château de Versailles, l’Empire allemand, également appelé le Second Reich, est proclamé suite à la défaite de la France à l’issue de la guerre franco-prussienne. Le nouveau régime, conçu par Bismarck, artisan de l’unité allemande, est le fruit de plusieurs compromis, d’une part entre lesaspirations nationales du peuple allemand et les tendances conservatrices de la classe dirigeante, d’autre part entre la monarchie absolue et le libéralisme et enfin entre les tendances unitaires et les traditions particularistes. Il s’agit désormais de consolider l’unité allemande et de restaurer l’équilibre sur le plan international. Néanmoins, les dissensions vont se faire croissantes au fil dutemps et menacer l’équilibre interne et externe du régime. En quoi le Second Reich est-il un régime sous tension ? L’Empire allemand est en proie aussi bien à des résistances internes qu’à des dissensions externes. Ainsi étudierons-nous dans un premier temps en quoi la lutte contre les « ennemis de l’intérieur » initiée par Bismarck est génératrice de conflits avant de nous intéresser auprogressif essor de l’impérialisme allemand, au cœur des dissentiments européens.

I- La lutte contre les « ennemis de l’intérieur » : un climat interne sous pression
A- Le combat pour la civilisation : Kulturkampf

Dans le but de renforcer l’unification, le Chancelier engage le combat contre les catholiques, hier partisans de la Grande Allemagne dominée par l’Autriche, aujourd’huianimateurs des courants protestataires de Pologne, d’Alsace-Lorraine ou des autonomistes hanovriens et bavarois. Pour le Chancelier, les catholiques (15 millions contre 25 millions de protestants) constituent un élément hétérogène dans l’unité allemande.

Trouve une occasion d’agir dans le refus qu’oppose un petit groupe de catholiques allemands, les « Vieux catholiques », au dogme del’infaillibilité pontificale proclamé par le Concile du Vatican. Soutenant ceux-ci contre les évêques, il prend une série de mesures hostiles à l’Eglise catholique qui sont présentées comme un combat pour la civilisation (Kulturkampf) contre l’obscurantisme.

Les « lois de mai » prises de 1872 à 1875 :

• retirent toute autonomie à l’Eglise, le gouvernement nommant à toutes les fonctions ecclésiastiques• dissolvent la Compagnie de Jésus dont les membres sont expulsés, ainsi que ceux de toutes les congrégations

• rendent obligatoires pour les futurs ecclésiastiques la fréquentation des universités d’Etat

• laïcisent l’état-civil

• instituent le mariage civil

( Ces rigueurs entraînent :

• de vives tensions avec le Vatican et la rupture des relations diplomatiques• un grand trouble à l’intérieur de l’Empire où évêques et prêtres sont emprisonnés

• une opposition sans concession du Zentrum qui accroît son audience aux élections de 1877

• une vive inquiétude de l’empereur Guillaume Ier qui redoute la naissance d’un mouvement antireligieux

Prenant conscience que sa politique va à l’encontre du but recherché, au moment de la mort dupape Pie IX en 1878 et de l’avènement de Léon XIII, pontife plus conciliant, Bismarck abandonne progressivement les lois de mai.

B- La lutte contre les socialistes

Contre les sociaux-démocrates, Bismarck tente d’abord d’employer la force. Bismarck joue sur la réalité de la peur latente à l’égard d’une éventuelle révolution dont la Commune de 1871 et les attentats anarchistes en Russiesemblent donner un avant-goût, en désignant les socialistes comme plus dangereux encore que les ennemis de l’extérieur.

Prenant prétexte d’une série d’attentats commis contre l’Empereur, il fait voter en octobre 1878 une loi qui :

• leur interdit toute propagande, toute manifestation publique

• supprime leurs associations et leurs journaux

• contraint leurs dirigeants...
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