L'emploie du temps - michel butor

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  • Publié le : 9 octobre 2011
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Le thème du labyrinthe et son incidence sur l’écriture

Butor, l’emploi du temps
Brogés, l’Aleph
Kafka, le château

Plan :

I .l’espace paradoxal

a- L’espace paradoxal : lieu de quête et de perte
b- L’image labyrinthique dans l’égarement spatial III .l’écriture labyrinthique

a- Brouillage énonciatif
b- un égarement textuel et fragmentation

INTRODUCTION

Le labyrinthe originel situé à crête fut construit par dédale sous les ordres de Minos pour enfermer le minotaure.
Cet enchevêtrement impossible était un piège mortel pour tous ceux qui y pénétraient jusqu’à l’avènement de Thésée, qui après avoir tué le monstre en sortitvivant, grâce à l’aide d’Ariane.
La richesse de cette figure fait de lui une véritable source d’inspiration aussi bien à travers la forme littéraire que le contenu.
Dans la littérature occidentale du XXème siècle, beaucoup d’auteurs comme Joyce, Kafka, Borges, Butor...et bien d’autre ont visité le labyrinthe dans la perspective de la modernité : demeure fantastique, cité infernale, enquêtepolicière ou prétexte méta- littéraire. L’artiste lie la représentation formelle du labyrinthe au travail de l’esprit.
A travers ces œuvres littéraires contemporaines : l’emploi du temps de Michel butor, l’aleph de Borges et le château de Kafka, ce commentaire comparé traitera, tout d’abord, la thématique spatiale du labyrinthe, il s’intéressera ensuite à l’influence de l’espace labyrinthique sur lespersonnages et finira par démontrer son incidence sur l’écriture.

I .l’espace paradoxal: lieu de quête et de perte

Le labyrinthe est tout d'abord ce lieu magique, incontournable et central que tout initié se devait de traverser, épreuve nécessaire et ultime car symbolisant, dans un espace restreint, le " long et difficile chemin de l'initiation ". Et ce, de façon véritable ou mentale, pouratteindre le centre nécessaire, passant ainsi à l'état d'homme accompli. C'est que tout labyrinthe est avant tout un chemin tortueux et semé d'embûches, un ensemble de lieux entrelacés, que tout homme digne de ce nom doit être en mesure de traverser matériellement afin de trouver son centre intérieur, c'est à dire son propre Soi. Le centre, dès lors, est ce lieu de Plénitude qu'on retrouve notammentdans les cathédrales médiévales, où les labyrinthes figurés sur le sol mènent tous vers Jérusalem.

a- L’organisation urbaine

Dans les trois textes les protagonistes sont en quête d’un lieu. Dans l’emploi du temps, c’est la ville de Bleston. Jacques Revel, le héros de ce roman, arrive à Bleston pour travailler, d’ailleurs tout a été préparé pour l’accueillir, le directeur de la société « Matthews and Sons «  lui a envoyé l’adresse de l’hôtel où sa chambre était réservé.
Dans le texte de Borges, le narrateur rend visite à Carlos Argentino afin de vérifier l’existence de l’Aleph. Dans le texte de Kafka, tous les personnages n’aspirent qu’à atteindre le château.
Ces espaces recherchés mobilisent corps et âme ces êtres fictifs et les mettent à l’épreuve.

Dans L'emploi du Temps,dès le début du texte, le narrateur nous signale qu’il a manqué le train qu’il devait prendre pour Bleston «  car ce n’était pas le grand train direct, celui que j’aurais du prendre » cette phrase annonce d’emblée, la perte du chemin tracé et le voyageur se trouve livré au froid, à l’obscurité et à l’égarement. Le champ lexical de la matière inerte forme le cadre spatial dans lequel se meut lepersonnage « tôles rouges », « trains immobiles », « rideaux de fers baissés », « piliers de fonte »

Notons également que le texte de Butor se donne de manière explicite comme un roman d'investigation de l'espace ; en terre étrangère, dans une ville évoquée comme hostile, le livre apparaît dès les premières pages, comme une quête, soumise à l'arpentage et aux allées et venues ; recherche...
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