L'emploie du temps - michel butor

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  • Publié le : 2 janvier 2010
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Au cours du XXème siècle, nombreux sont les auteurs qui vont tenter de se détacher du roman traditionnel et de peindre la société moderne en vue de proposer une critique de celle-ci. Michel Butor fait parti de ceux-ci, puisqu’en 1956, en pleine période du Nouveau Roman, il publie L’Emploi du temps, œuvre qui, comme son nom l’indique, décrit la vie du narrateur-personnage au jour le jour, depuisson arrivée dans un pays Anglo-saxon dont il ne connaît ni la géographie, ni la langue. Nous nous demanderons par quels moyens Michel Butor parvient, au travers de ce court extrait, à proposer une vision critique de notre société contemporaine. Pour se faire, nous étudierons dans un premier temps le thème de l’incompréhension, puis nous essaierons d’en dégager la vision critique.

Dans cettepremière partie, nous allons traiter du thème de l’incompréhension du narrateur-personnage, mais aussi celle du contrôleur, puis sera traité une étude de la structure du texte, enfin nous verrons le rôle du dialogue.
La première constatation que l’on fait une fois avoir lu l’extrait est le narrateur-personnage est perdu dans cette ville qu’il ne connaît pas. Il se renseigne, alors qu’il est dansun bus en demandant avec « sa prononciation » qui cause un « étonnement » au contrôleur, pour savoir comment se rendre à la Cathédrale. Le contrôleur lui répond, mais « il avait ajouté d’autres phrases, mais de nouveau je me trouvais quasi sourd-muet », il ajoute que « ses mots rapides, liquides, avait glissé sur mes oreilles, sans qu’il me fût possible de les saisir ». Notons que les adjectifsqualifiants « mots » dénaturent ce dernier, renforçant l’idée que ce que dit le contrôleur, n’a pas valeur de communication pour le personnage. Il se trouve alors « sourd-muet », dans l’incapacité de recevoir et faire passer des informations, qui elles-mêmes se mélangent avec des noms propres (qui devraient être ses points de repères) : White Street (répété 4 fois et confondu) Matthews and Sons(répété 2 fois), Tower Street (mélange des rues), « La Vigilance » ; il y a de la confusion : « croyant qu’il s’agissait d’une rue presque homonyme ».
Si l’incompréhension va dans un sens, elle est aussi dans l’autre. Le contrôleur « n’avait pas pu s’empêcher de laisser paraître, par un discret froncement de sourcil, l’étonnement que lui avait causé ma prononciation », lui comme les autres habitantsque le protagoniste rencontrera ne seront pas en mesure d’échanger avec lui, tout comme durant l’Antiquité gréco-latine on considérait les personnes ne parlant pas la même langue que vous de « barbares ».
La structure du texte est claire, dans un premier temps nous avons un dialogue, où le personnage questionne le contrôleur pour savoir où se trouve la Cathédrale, celui-ci lui répond mais au vude la barrière de la langue, il n’arrive pas à assimiler sa réponse. Il fait alors un constat sur cette incapacité dans le paragraphe suivant, puis songe au peu qu’il a saisi, enfin le passage se termine lorsque le conducteur lui crie de descendre, ce qu’il va faire « j’étais revenu à mon point de départ ». Le texte est à la première personne (« j’ai » « je », …), le narrateur (avec le point devu interne) décrit ce qu’il voit (« nous arrivions au carrefour ») et ce qu’il pense (« je m’étais arrêter à ce nom […] croyant avoir fait un contresens ») avec de longues phrases et des verbes au passé (« j’ai demandé » « il n’avait » « nous arrivions », …). Ainsi on a une certaine impression d’immersion dans le récit et les informations fournies par le protagoniste.
Les dialogues ne sont pasabsents du passage, dans un premier temps ils sont indicateurs : « pour la Cathédrale, s’il vous plaît ? – Le mieux est de descendre à White Street », il est surpris, intrigué. Très vite, à cause de l’incompréhension, de l’étrangeté du personnage par rapport à la situation dans laquelle il se trouve, cela fini mal : « j’étais revenu à mon point de départ de midi ». Cette conversation est la...
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