L'enfant

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  • Publié le : 3 novembre 2010
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Jacques Vingtras
 
L’Enfant relate, en vingt-cinq courts chapitres, la période de la vie de Jules Vallès, qui s’étend jusqu’en 1851, en racontant l’enfance de Jacques Vingtras. Ce livre est dédié « à tous ceux qui crevèrent d’ennui au collège ou qu’on fit pleurer dans la famille, qui, pendant leur enfance, furent tyrannisés par leurs maîtres ou rossés par leurs parents ». Le premier souvenirmentionné par Jacques concerne, justement, les coups qu’il reçut de sa mère. Le collège, quant à lui,  est une « prison ». Les vacances sont des moments de liberté pour le héros.
 
Vient le déménagement à Saint-Étienne, où Jacques se trouve, au lycée, dans la classe de son père. La famille connaît « un drame », en fait la liaison adultère du père avec une habitante de Saint-Étienne, en 1845. Dansle roman, le départ pour Nantes apparaît comme la conséquence de cet adultère alors qu’il résulte du succès du père à l’écrit de l’agrégation.
 À Nantes, Jacques fait ses humanités et a une liaison avec madame Dévinol. Cette liaison cause le départ de Jacques pour Paris. Mais ce qui n’est pas dit dans le roman, c’est que ce départ vient aussi des activités politiques de Vallès qui avait manifestéen février 1848 avec les républicains nantais. Après son passage à la pension Legnagna, Jacques doit rentrer à Paris. Là, il défend l’honneur de son père, qui s’est fait insulté par le frère de l’un de ses élèves : il se bat en duel mais est blessé. Cette « délivrance » constitue sa sortie de l’enfance et son entrée dans la vie d’homme.
 
 La famille et l’école, principales cibles de L’Enfant 
 Ce roman a un intérêt historique important. Il est celui d’un écrivain engagé, qui exprime sa révolte contre la société bourgeoise de la Monarchie de Juillet. Il met en cause les deux institutions fondamentales de cette société, la famille et l’école.
 D’emblée, les rapports entre la mère et son fils sont présentés : dès le premier paragraphe, Jacques raconte : « je n’ai pas été dorloté,tapoté, baisotté ; j’ai été beaucoup fouetté. » Ce ne sont pas seulement les coups et le fouet qu’il subit, mais aussi les humiliations et la souffrance psychologique. Le fouet fait tellement partie intégrante de la vie de Jacques qu’il en devient même une preuve de son identité.
 Les rapports avec son père sont tout aussi compliqués. Le père est lointain, la communication est difficile. Il est unbourreau accessoire, celui qui remplace la mère. Quand son fils est son élève, c’est lui qu’il privilégie de « roulées magistrales »… Dans le récit, il est amoindri professionnellement – ainsi quand Vallès passe sous silence le succès de son père à l’écrit de l’agrégation, qui est pourtant la raison pour laquelle la famille déménage à Nantes.
 En détruisant ainsi la famille, Vallès fait « œuvre decombat » selon ses propres termes, il exprime sa révolte contre la société bourgeoise. L’enfant, comme l’ouvrier, comme la femme, comme le nègre, comme les bonnes, est un paria de cette société et n’a aucune possibilité de revendication.
 L’école ne s’en tire pas mieux. Le monde scolaire est lui aussi impitoyablement décrit. Les odeurs du collège : il « pue l’encre » et Vingtras se désespère :« Quelle odeur de vieux !... » Il évoque l’« infection », « cet aire empesté » constitué par les latrines situées juste à côté de la classe de Jacques, au lycée. De cet univers scolaire, Vallès dénonce aussi le caractère artificiel : dans le langage, l’utilisation de métaphores, la référence aux auteurs anciens, au latin, est imposée. Cela a pour effet d’abstraire, de généraliser les réalités que lesmots désignent. On ne dira pas Liberté – trop dangereux, trop explosif – mais Libertas. Ce rejet de l’institution scolaire s’est d’ailleurs traduit, chez Vallès, par la proposition d’une mesure radicale lorsqu’il manifestait avec les républicains en février 1848 : la suppression de tout concours ou examen.
 L’arme de Jules Vallès est le réalisme, avec lequel il dépeint la petite bourgeoisie...
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