L'ennemi

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  • Publié le : 20 janvier 2010
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Les Fleurs du Mal, L'Ennemi
De Charles Baudelaire
Introduction
Le temps est l'une des plus obsédantes composantes du spleen Baudelairien (« l'horloge », « le goût du néant »).
Omniprésent, étouffant, il se révèle douloureusement à chaque étape de la vie en y imposant un bilan désespérant.

La personnification, l'utilisation de la majuscule et de l'article défini font de lui, parexcellence, le monstre que l'homme doit craindre.

Le temps entretient avec l'homme et en particulier avec le poète (qui se met en cause personnellement dans le texte) des liens de domination quasi vampirique et le maintient dans un état d'aliénation qui brise toute espérance et toute forme d'inspiration.
Le texte souligne qu'il est donc doublement redoutable sur le plan humain et sur le planpoétique.

Le sonnet est construit sur une métaphore filée :
1er Quatrain : La jeunesse est comparée à un été bouleversé par les vicissitudes du temps.
2éme Quatrain : Le bilan négatif de la maturité est comparée à l'automne. On note l'annonce de la mort.
1er Tercet : Espoir d'un renouveau qui s'apparente au printemps.
2ème Tercet : démenti catégorique : laprésence destructrice du temps s'oppose à tout développement et à toute croissance nouvelle (=l'hiver).
I. 1ER QUATRAIN
Il se compose de deux parties complémentaires délimitées par la ponctuation (v. 1-2/v. 3-4). A l'évocation de la jeunesse fait suite un bilan décourageant.
La caractérisation de la jeunesse passée : la jeunesse est présentée comme ponctuée par une alternance d'ombre et delumière (« çà et là », « ténébreux », « brillant »). Cette alternance est métaphoriquement celle de l'espoir et du désespoir, des élans vers l'idéal et du poids du spleen.
Le bilan décourageant est souligné par le passé composé « on fait » v.3 et par la proposition de conséquence. C'est le résultat d'une jeunesse orageuse. La métaphore se poursuit dans l'image du jardin (la vie) dévasté etpresque entièrement dépouillé de ses productions comme en automne.
L'idée d'alternance soleil/pluie soulignée par la ponctuation forte (; et .).
II. 2EME QUATRAIN
Il s'ouvre sur une constatation résignée qui apparaît comme la conséquence (« Voilà que », v.5) sur le plan de la pensée de la première strophe. C'est un résultat donné en deux étapes successives (« voilà que »... « et que », v.5-6).Il fait apparaître une suite chronologique (l'automne après l'été). L'image du jardin est prolongée et aggravée (dévastation et nécessité de réparation).
L'utilisation de termes concrets (« pelle », « râteaux ») et l'accumulation des images font de cette strophe une illustration visuelle des désastres du temps.
Ces désastres préfigurent la mort, comme le suggère la comparaison du vers 8 («comme des tombeaux ») : la vie et l'inspiration sont ravagées par le temps.
III. 1ER TERCET
Il suggère une hypothèse (« et qui sait ») qui apparaît comme un élan d'espoir. Cet élan prend appui sur les images de la strophe précédante dans le cycle des saisons, l'automne, puis l'hiver associé à la mort, font espérer le renouveau du printemps (« fleurs nouvelles », v.9).
L'enchaînement desimages conduit à une interprétation qui se situe sur le plan de la nature (« automne », « eau », « sol lavé », « fleurs nouvelles »).
L'enchaînement des symboles (saisons = représentation symbolique des étapes de la vie) conduit à considérer les « fleurs nouvelles » comme le printemps des idées, c'est à dire un renouvellement de l'inspiration après une purification qui s'apparente à un rite. Le «mystique aliment » prend alors une valeur religieuse, « les fleurs » évoquant le titre d'un recueil (Les Fleurs du Mal).
IV. 2EME TERCET
Il apporte un démenti catégorique qui s'exprime en deux temps :
L'expression de la souffrance : le premier hémistiche du vers 12 est un double cri du désespoir, peut-être une invocation suppliante (« Ô douleur ! ô douleur ! »).
L'action dévorante et...
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