L'envie d'apprendre

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  • Publié le : 21 mars 2011
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L’envie d’apprendre

“On a envie de foot, on a envie de rap (...) M’sieur !, on a pas envie d’apprendre”. “Ca sert à quoi, c’est relou, c’est antchi !”. C’est ainsi que les jeunes de banlieues voient l’acte d’apprendre. Ils ne sont pas les seuls : apprendre a mauvaise réputation, y compris chez les jeunes qui réussissent.
Il est vrai que le questionnement baisse très rapidement au cours de lascolarité, tandis que la passivité s’accroît. Les élèves des grandes classes attendent que “cela se passe”. En fait, l’école telle qu’elle fonctionne crée globalement du rejet et de l’ennui. Il y a dix ans, on parlait de la génération “bof” ; le phénomène s’est aggravé avec la crise. Pourtant, de plus en plus d’enseignants, notamment dans les quartiers les plus difficiles, tentent de nouvellespratiques.
Motiver = mission impossible
Pourquoi l’école démotive-t-elle ? La lourdeur et l’inadéquation des programmes par rapport à la vie, la stérilisation des méthodes pédagogiques habituelles en sont sans doute l’origine. L’école répond à des questions que les élèves ne se posent pas. Elle évacue les besoins et les intérêts de l’élève en voulant trop leur faciliter la tâche: “on a rien àfaire, tout est déjà préparé”, “le prof, il fait tout, il nous montre”, “on peut jamais rien faire tout seul”. Ce sont des étapes importantes dans la poursuite d’un projet personnel qui sont le plus souvent court-circuitées au travers du découpage des programmes ou de l’organisation des cours,..
L’institution scolaire est ainsi mise au pied du mur. Apprendre est devenu un enjeu essentiel pour unesociété en mutation et l’envie, le moteur indispensable. “On ne peut faire boire un âne qui n’a pas soif” dit un proverbe très judicieux. De même, on ne peut faire écouter ou travailler un individu sans avoir susciter un intérêt, un désir de savoir ou d’agir. Ce dernier n’apprendra que s’il est intéressé. Pour ce faire, il faut encore qu’il se sente concerné par les situations ou les sujets qui sontabordés.
Cela dit, que faire ? Trouver des solutions au quotidien tient du démiurge. L’envie d’apprendre ne se donne pas par un simple coup de baguette magique. Non ! L’envie est un phénomène à la fois très simple -“la tête du prof. plaît, on apprend pour lui faire plaisir”- et en même temps hypercomplexe à déclencher.
Concrètement, comment susciter cette envie ? Comment la créer quand ellen’existe pas “naturellement” ? D’abord, il ne faut jamais perdre de vue son importance. Jusqu’à présent, toute envie était réprimée à l’école. Les pêchés capitaux ne font-ils pas encore partie de notre fond culturel ?!..
Il y a là un paradoxe à gérer. Apprendre tient de l’effort, pourtant sans désir on ne peut mettre en marche une dynamique aussi coûteuse. Effort et envie sont donc deux tensions àinitier en parallèle pour faciliter l’acte d’apprendre.
L’école doit donc se donner pour tâche de soutenir l’envie d’apprendre ou de la créer de toute pièce quand elle est absente. “Donner l’envie d’apprendre” devrait d’ailleurs devenir un de ses projets principaux. Ce n’est en aucun cas une perte de temps, comme le déclare souvent les enseignants. Quand l’envie est là, le reste est plus aisé ;quatre-vingt pour cent du travail éducatif est fait.
L’élève accepte même des pratiques scolaires très rébarbatives quand il est passionné par un sujet ou un projet. Intéressé, il peut travailler par lui-même, s’investir, donner de sa personne. Regardons les jeunes faire du skate ou du roller, il recommence des milliers de fois la tâche, car elle n’est pas perçu comme un exercice avec une progression ;et elle fait sens d’entrée...
Le découpage du temps scolaire est également à repenser. Il est difficile de motiver un élève sur un texte, après un cours d’éducation physique et avant l’interrogation de mathématiques, puis de le remotiver trois jours plus tard ! Tout se joue dans une résonance entre les besoins, les intérêts, les désirs, les attentes, les aspirations d’un apprenant et une ou...
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