L'esclavage aujourd'hui

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 10 (2351 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 6 novembre 2009
Lire le document complet
Aperçu du document
L'esclavage aujourd'hui en France ou en Suisse - Le travail des enfants dans le monde


"Des domestiques étrangers vivent dans des conditions de quasi-esclavage
Une association dénonce des situations intolérables de surexploitation sur le territoire français. Une demi-douzaine de cas ont déjà été soumis à la justice, malgré les difficultés qu'ont les victimes à engager des poursuitescontre leurs "employeurs"
par Michèle Aulagnon

DROITS DE L'HOMME Le Comité France contre l'esclavage moderne dénonce des "situations intolérables " d'exploitation de domestiques étrangers par leurs employeurs. Une dizaine d'affaires ont été portées à sa connaissance, dont la moitié font l'objet de procédures en justice.
Les victimes sont le plus souvent des femmes, parfois descouples, originaires de pays en développement, venues en France pour échapper à la misère. En situation irrégulière ou privées de papiers, elles hésitent à porter plainte.
Lorsque leurs employeurs bénéficient de l'immunité diplomatique, le ministère des affaires étrangères tente de régler les dossiers à l'amiable

LE VOILE se lève tout juste en France sur le traitement réservé à certainsdomestiques employés le plus souvent par leurs compatriotes. D'origine étrangère, sans papiers, maîtrisant mal la langue française, ils travaillent sans percevoir de salaire dans des conditions indignes, étant violentés et séquestrés la plupart du temps. Réduits à la condition d'esclaves, leurs employeurs exercent à leur encontre un véritable droit de propriété.
Jusque-là, ces personnes demeuraientinvisibles, gardées au secret par leurs employeurs et ignorées par les institutions judiciaires, policières - et même des services sociaux. Celles d'entre elles qui parvenaient à témoigner de leur condition auprès des autorités compétentes étaient en général expulsées, en vertu des lois sur les étrangers en situation irrégulière. Les employeurs, bénéficiant souvent de l'immunité diplomatique,demeuraient intouchables.
Que vaut en effet la parole d'une bonne sans papiers contre celle d'un ambassadeur?
Le 4 mars 1996, une jeune domestique érythréenne de vingt ans était délivrée dans des conditions rocambolesques au domicile d'une diplomate libanaise en poste à Paris (Le Monde du 7 mars 1996). Depuis plusieurs mois, Mehret Kifle travaillait sans horaire ni salaire. Ses papiers avaient étéconfisqués et elle était séquestrée dans l'appartement Le Comité France contre l'esclavage moderne, association créée début 1995, fut à l'origine de cette libération, qui a abouti au renvoi au Liban de l'employeur indélicat et à l'indemnisation de Mehret, qui demeure aujourd'hui en France.
"A moins d'un an du cent cinquantième anniversaire de l'abolition de esclavage par Victor Schoelcher;explique la journaliste Dominique Torrès, fondatrice de ce comité, il existe encore en France des situations intolérables. Les personnes concernées sont sans doute beaucoup plus nombreuses que ce que l'on imagine. Avant que nous ne créions le comité, on nous disait que cela n'existait pas en France ! " Le comité a déjà eu connaissance d'une dizaine d'affaires. Une demi-douzaine ont été soumises à lajustice, mais aucun procès n'a encore eu lieu.

SALAIRE DÉRISOIRE. Les victimes sont le plus souvent des femmes, parfois des couples, originaires de pays en développement, qui viennent en France pour échapper à la misère. Le salaire qui leur est proposé est dérisoire en regard de la législation française du travail, mais il est très supérieur à ce qu'il leur est permis de gagner dans leurpays. A en croire le comité, il est rarement versé.
Les bourreaux ne sont pas tous des nantis. Pendant quatre ans, Marie-Laure, une jeune Ivoirienne venue en France à l'âge de quatorze ans, a été exploitée, maltraitée et battue par une famille modeste de compatriotes habitant un village de Seine-Saint-Denis. Marie-Laure s'est enfuie et vit actuellement dans un foyer de jeunes filles. Une enquête...
tracking img