L'esclavage (de l'esprit des lois)

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  • Publié le : 3 juillet 2010
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Indroduction :
L’esclavage est un problème qui est au cœur des sociétés humaines. C’est un problème de l’humanité qui n’est autre que le soucis de faire travailler l’autre à sa place pour faciliter le travail. A travers l’histoire, l’être humain a tenté d’y répondre en asservissant notamment, et pas seulement, les femmes, les enfants, les esclaves de guerre, les nègres. A noter qu’il estimportant de savoir que la traite des nègres était encore d’actualité à cette époque ; elle était même très courante. A noter également que L’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert proposait une autre solution à ce problème : les machines. Afin de montrer l’horreur de la traite des nègres, nous pouvons évoquer le Code noir édité en 1685 par le ministre de l’économie Colbert :
- « Si jamais un esclaves’enfuit pour la première fois, on lui coupe les oreilles et on le marque au fer rouge d’une fleur de lys. »
- « Si jamais un esclave s’enfuit pour la seconde fois, on lui coupe les jarrets. »
- « Si jamais un esclave s’enfuit pour la troisième fois, on le condamne à mort ».
Ce texte dit aussi que :
- « Les esclaves ont le droit de se marier librement. »
- « Le maître n’a pas le droit devendre séparément les membres d’une même famille ».
Il est bon de préciser que ce texte est un progrès dans la condition des noirs esclavagisés.
C’est dans ce contexte terrible que Montesquieu écrit ce texte sur l’esclavage.
Ainsi, nous nous intéresserons tout d’abord au raisonnement par l’absurde qu’a Montesquieu dans ce texte, puis nous nous pencherons dans un second temps sur la dimensionironique de ce texte.

I) Une raisonnement par l’absurde

Nous pouvons voir que la forme même du discours de Montesquieu est incohérente : il est composé de neufs arguments dans le désordre. Cela traduit le caractère insensé, désordonné du discours.
Montesquieu adopte un style particulier : il énumère des arguments peu développés, sans aucune suite logique, semblables à des brèves decomptoir. Son argumentation n’est qu’un ramassis d’opinions mal faits.
Nous pouvons voir que Montesquieu emploie plus particulièrement trois figures de style pour confirmer le non-sens de son discours. En effet, celui-ci emploie une antiphrase dans le but d’anéantir le raisonnement adverse par l’absurde. Effectivement, le verbe « ils ont du » à la ligne 3 n’aurait pas sa place dans cette phrase si ils’agissait d’un discours sensé car en aucun cas l’anéantissement et l’extermination d’une autre ethnie ne peut justifier l’asservissement d’une race.
En outre, Montesquieu accentue le non-sens des arguments 5 et 6 en leur donnant un aspect d’argument par analogie. Il va de soit de préciser que tous les arguments sont amplifiés qu’importe le procédé utilisé et qu’il n’y a donc pas de gradationdans son discours.
De plus, nous remarquons la présence de deux syllogismes dans son discours, dans les arguments 8 et 9. Ainsi, voici celui du huitième argument : les chrétiens doivent traiter tous les hommes en frère, or ils ne traitent pas les noirs comme des frères, donc ce ne sont pas des hommes. Ce premier syllogisme amène le lecteur à se dire que les protagonistes ne sont pas de vraischrétiens. Nous observons ensuite celui du neuvième argument : Les princes d’Europe font beaucoup de conventions inutiles, or ils n’en font pas en faveur des esclaves donc c’est qu’il n’y a pas lieu d’en faire. Ainsi par ce second syllogisme, le lecteur est amené à penser que les dirigeants européens sont indignes et sans cœur.
Nous allons désormais observer la structure de chacun des arguments deMontesquieu pour mettre en évidence l’absurde :
- Le premier est un argument historique disant au lecteur que le crime est vieux comme le monde et c’est pourquoi il n’y a aucune raison de l’oublier.
- Le second est un argument économique disant au lecteur qu’il en va de notre confort et que c’est pour cela que la traite des nègres est une nécessité.
- Le troisième argument est un argument...
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