L'esclavage

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  • Publié le : 29 mai 2011
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axes: L'expression et la nature de la transformation ; les raiisons; les fonctions morales et social


Pendant que ces choses se passaient à Saumur, Charlesfaisait fortune aux Indes.


Sa pacotille s’était d’abord très bien vendue. Il avait réalisé promptement une somme de six mille dollars. Le

baptême de la Ligne luifit perdre beaucoup de préjugés ; il s’aperçut que le meilleur moyen d’arriver à la

fortune était, dans les régions intertropicales, aussi bien qu’en Europe, d’acheteret de vendre des hommes. Il

vint donc sur les côtes d’Afrique et fit la traite des nègres, en joignant à son commerce d’hommes celui des

marchandises les plusavantageuses à échanger sur les divers marchés où l’amenaient ses intérêts. Il porta dans

les affaires une activité qui ne lui laissait aucun moment de libre. Il étaitdominé par l’idée de reparaître à

Paris dans tout l’éclat d’une haute fortune, et de ressaisir une position plus brillante encore que celle d’où

il était tombé. Àforce de rouler à travers les hommes et les pays, d’en observer les coutumes contraires, ses

idées se modifièrent, et il devint sceptique. Il n’eut plus de notionsfixes sur le juste et l’injuste, en

voyant taxer de crime dans un pays ce qui était vertu dans un autre. Au contact perpétuel des intérêts, son cœur

se refroidit,se contracta, se dessécha. Le sang des Grandet ne faillit point à sa destinée. Charles devint dur,

âpre à la curée. Il vendit des Chinois, des Nègres, des nidsd’hirondelles, des enfants, des artistes ; il fit

l’usure en grand. L’habitude de frauder les droits de douane le rendit moins scrupuleux sur les droits de

l’homme.
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