L'ethnopsychiatrie

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  • Publié le : 10 avril 2010
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Le domaine des sciences humaines est très large. Ainsi nous nous sommes intéressés à l’ethnopsychiatrie. Cette science regroupe des connaissances ethnologiques (étude des institutions non occidentales ou populaires pour l’ethnologie sociale et l’étude des mœurs et des croyances pour l’ethnologie culturelle), des connaissances anthropologiques (recherche des universaux humains à travers ladiversité des variations culturelles), et des connaissances psychiatriques ( étude et traitement des maladies mentales). C'est-à-dire que l’ethnopsychiatrie est l’étude du rapport entre un comportement psychopathologique, des services thérapeutiques et les cultures d’origines du patient et de son thérapeute.
Pour explorer le monde de l’ethnopsychiatrie nous commenceront par en développer l’historiquepuis nous la définirons. Pour compléter ces données historiques et théoriques nous donnerons l’exemple d’un praticien utilisant cette science au sein de l’hôpital psychiatrique d’Armentières. Pour finir, nous verrons l’apport de cette science humaine à l’éducation spécialisée.
I / HISTORIQUE

L'ethnopsychiatrie est peut-être aussi ancienne que la médecine elle-même. Les historiens de lamédecine la font remonter à Hippocrate. Mais il faut attendre la fin du XIXéme siècle et le début du XXéme pour que l'ethnopsychiatrie se développe comme une branche autonome de la psychiatrie.
Un des premiers théoriciens de l'ethnopsychiatrie est l'anthropologue Geza Roheim. En France, l'histoire de l'ethnopsychiatrie est indissociablement liée à deux noms : Georges Devereux, précurseur del'ethnopsychiatrie contemporaine, et son disciple, Tobie Nathan, qui a entièrement renouvelé ce champ disciplinaire. Georges Devereux (13 septembre 1908-28 mai 1985) est née sous le nom de Gyôrgy Dobo à Lugoj (Hongrie). Théoricien et ethnologue, il a ouvert et élaboré un nouveau domaine scientifique : l’ethnopsychiatrie qu’il appelait aussi « ethnopsychanalyse ». Il est l’initiateur d’une pratiquetransculturelle de la psychiatrie, expliquant les relations entre le psychisme et la culture, entre les normes sociales et les désordres de l’esprit. Il est à l’origine de la première étude spécifiquement ethnopsychiatrique portant sur les indiens Mohaves d’Arizona.
Durant son séjour, il va mettre en lumière des concepts tel que la  « névrose du chasseur », la « psychose du scalpeur » ou du« tueur de sorcier », et, par exemple, des maladies découlant du « refus d'assumer ses pouvoir chamaniques ». Il va alors essayer de faire apparaître des ponts entre la psychopathologie mohave et la psychopathologie occidentale. Mais plus il assimile et intègre les concepts mohaves, aussi étrangers et complexes, plus il se rend compte que les conceptions locales sont indissociables de la langue, dela philosophie, de la culture d’une société donnée. Il est donc infiniment difficile de retranscrire une vision du monde dans une société totalement différente.
En étudiant les troubles mentaux en fonction des groupes ethniques ou culturels, ainsi que la place qu'ils occupent dans l'équilibre social, l'ethnopsychiatrie nous apprend que chaque collectivité sécrète ses propres modèles dedéviance et qu'on est toujours fou par rapport à une société donnée.  Le mot « ethnopsychiatrie » peut avoir au moins deux significations. Dans un premier temps, il désigne les systèmes nosologiques (du grec nosos, qui veut dire maladie). Il indiquera alors une classification des maladies d’après un certain nombre de critères permettant de définir et d’isoler chacune d’entre elles. Il qualifie aussiles thérapeutiques qui correspondent à la psychiatrie occidentale dans les cultures non occidentales. Pour certains, cette mise en parallèle a pu gommer l’image ethnocentrique de la psychiatrie occidentale pour ne la considérer à présent, seulement, comme une des branches de l’ethnopsychiatrie. Une telle position est rejetée par ceux qui continuent de soutenir son universalité, même si son...
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