L'europe de l'ouest en construction de 1945 à la fin des années 1980

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  • Publié le : 3 décembre 2009
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Introduction
La Seconde Guerre mondiale a consacré le déclin européen au profit des superpuissances états-unienne et soviétique. La guerre froide soumet l'Europe aux effets de la bipolarisation du monde. L'Europe de l'Est est satellisée par l'URSS et les États-Unis poussent les Européens de l'Ouest à s'unir, pour des raisons économiques et politiques. Quelles formes la construction européenneprend-elle dans un contexte de guerre froide et quelles difficultés va-t-elle rencontrer ?
Nous verrons dans un premier temps qu'entre 1945 et 1957, l'Europe de l'Ouest hésite entre une construction politique et une construction économique, puis dans un deuxième temps qu'à partir de 1957 et jusqu'en 1973 le choix de la construction par l'économie est affirmé, et enfin dans un dernier temps de 1973à la chute du « rideau de fer » que la relance de la construction s'est faite par l'élargissement.
I. Débats et hésitations
1. L'ancrage dans le bloc occidental
Le désastreux bilan de la Seconde Guerre mondiale en Europe rend impérieuse la nécessité de reconstruire. Les États-Unis craignent que les tensions nées de la stagnation économique ne favorisent un développement de l'influence communisteen Europe de l'Ouest. La doctrine Truman entend contenir l'influence communiste par des moyens économiques. Elle se traduit pour l'Europe par le plan Marshall en juin 1947. C'est une aide massive aux différents pays européens. Les États-Unis conditionnent cette aide à la mise en place par les Européens d'une structure de répartition. Ceux-ci acceptent de se regrouper au sein de l'OECE(Organisation européenne de coopération économique).
C'est l'OECE qui va gérer les fonds du plan Marshall. La création de l'OECE marque une première étape de la construction européenne. Dans cet organisme, né de la volonté américaine, vainqueurs et vaincus se retrouvent pour dialoguer. L'idée européenne connaît une nouvelle avancée avec la création en 1949 du Conseil de l'Europe à Strasbourg, mais celui-ciest plus un lieu de débats entre les peuples européens qu'un lieu de décision.
2. Succès de la CECA et échec de la CED
L'idée européenne est défendue par deux courants politiques qui se retrouvent au pouvoir au lendemain de la guerre : la social-démocratie et la démocratie chrétienne. C'est le Français Jean Monnet, alors commissaire au plan, qui a l'idée d'une mise en commun des industriescharbonnière et sidérurgique des pays de l'Europe occidentale. Ce projet est soumis à Robert Schuman, ministre des Affaires étrangères. En 1951, il aboutit à la naissance de la Communauté économique du charbon et de l'acier (CECA). Six pays adhèrent : la France, l'Allemagne, l'Italie, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg. Ces trois derniers pays constituent déjà depuis 1945 une entité économique,le Benelux. La CECA constitue la véritable première pierre de la construction européenne et la première étape de la réconciliation franco-allemande. La CECA met en place une structure supranationale, la Haute Autorité, chargée de gérer les ressources charbonnières et sidérurgiques des six pays concernés. Dans l'esprit des « pères de l'Europe » et notamment de Jean Monnet, la CECA n'est qu'unpremier pas vers la mise en place d'autres organes européens, à visée clairement politique. Ainsi, en 1952, un projet de Communauté européenne de défense (CED), autrement dit la création d'une armée européenne, est lancé. L'enjeu de ce projet est de consolider le rapprochement franco-allemand et de faciliter le réarmement allemand. En effet, depuis sa création en 1949, la RFA est devenue un État àpart entière dont les États-Unis souhaitent faire une pièce maîtresse dans leur dispositif de défense de l'Europe occidentale face à l'URSS. Acceptée dans son principe par tous les gouvernements des pays concernés (les Six de la CECA), la CED suscite une double opposition en France, celle des gaullistes et celle des communistes ; les gaullistes parce qu'ils refusent tout abandon de la souveraineté...
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