L'europe est-elle antisémite á la fin du xixe siècle ?

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  • Publié le : 22 mars 2011
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Le phénomène de la diaspora déjà ancien s’accentue au XIXe siècle facilité par la révolution des transports. Les vagues de migration ont lieu vers l’Europe, l’Afrique du Nord et le Proche-Orient. Un courant antisémite semble naître à la fin du XIXe siècle dans certains pays occidentaux tels que l’Allemagne, l’Autriche ou la France. Ce courant est lié à la forte émigration de juifs depuisl’Europe orientale vers l’Europe occidentale et à la présence grandissante des juifs dans les milieux bancaires et commerciaux.
L’antisémitisme peut se définir comme une « doctrine ou attitude systématique de ceux qui sont hostiles aux juifs et proposent contre eux des mesures discriminatoires » (dictionnaire Larousse). Peut-on vraiment qualifier l’Europe d’antisémite à la fin du XIXe siècle ? Lecourant antisémite est-il généralisable à toute l’Europe ? Ce courant est-il marginal ou prend-il de l’ampleur au sein des populations et du monde politique ?

Dans les pays d’Europe orientale, les juifs subissent des persécutions qui sont la manifestation d’un antisémitisme bien présent et partagé par une grande partie de la population. En Russie, les fidèles du judaïsme sont regroupés sur unebande de territoire qui s’étend de la Baltique à la mer Noire, c’est leur « zone de résidence ». Avec l'assassinat du tsar plus libéral Alexandre II en 1881, un antisémitisme d’Etat cherche à asphyxier les juifs d’un point de vue économique. En effet régulièrement, ils subissent des pogroms (1881-1884 ; 1903-1906). Pogrom qui signifie « dévastation » désigne des épisodes de violence à l’encontredes juifs : ceux-ci sont alors victimes de pillage, de destruction, de meurtres. Ces violences qui sont effectuées par la population sont bien souvent attisées par le pouvoir. Entre 1880 et 1914, deux millions de juifs fuient vers les Etats-Unis, l’Amérique du Sud, la Palestine ou vers l’Europe occidentale.
Cependant, à la fin du XIXe siècle, la population juive d’Europe de l’Ouest n’est pasnon plus à l’abri des courants antisémites qui prospèrent. En France notamment, la faillite de la banque catholique l’Union générale en 1882 provoque une réaction antisémite. On accuse la finance juive et surtout les Rothschild d’en être les responsables. C’est le signe d’une montée de la méfiance envers les juifs. En 1886, Édouard Drumont publie un ouvrage qui s’intitule la France juive danslequel il rassemble toutes les idées antisémites de l’époque. L’ouvrage acquiert rapidement un grand succès, ce qui montre le développement de l’antisémitisme en France. L’affaire Dreyfus qui débute avec l’arrestation d’Alfred Dreyfus en 1894 fait monter d’un cran les réactions antisémites. Le journal la Libre Parole, dirigé par Drumont annonce la nouvelle. A sa suite des journaux catholiques telsque la Croix s’empresse d’accabler Dreyfus et les juifs en général. Le 5 janvier 1895, la dégradation de Dreyfus provoque des manifestations antisémites. La réhabilitation de Dreyfus en 1906 est le fait d’hommes influents tels qu’Emile Zola. Après cette date l’antisémitisme atteint son étiage puis il est ravivé avec la crise de 1929.
Mais l’antisémitisme n’est pas le propre de la France etc’est même en Allemagne que le mot antisémitisme apparaît sous la plume de l’allemand Wilhelm Marr en 1873. Les Juifs représentent pourtant que 1 % de la population allemande au XIXe siècle. L’émancipation juive effectuée au XVIIIe siècle dans le sillage de la philosophie des Lumières a contribué à faire des juifs des citoyens comme les autres. A la suite de cette émancipation, se produit uneformidable ascension sociale. Ainsi les juifs voient leur nombre augmenter dans des secteurs tels que la finance, le journalisme, la médecine, le droit …Une jalousie naît alors contre le peuple juif. Karl Marx dans son ouvrage la Question juive montre que celle-ci est en lien avec le capitalisme. Ainsi, la banque Rothschild que l’on retrouve à Londres, Paris, Vienne et Francfort, devient pour les...