L'heritage de l'antiquité grecque

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  • Publié le : 22 mars 2011
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l’héritage de l’antiquité classique

la grèce

i politique

1.1. La vie politique : les concepts

La vie politique, dans la Grèce antique de la période classique, qui connaît son apogée au Vè siècle avant notre ère, reprend une conception de l’homme et du monde. Pour les Grecs, l’homme est à la fois le centre du monde et la mesure de toute chose. A ce titre, il doit assumerpleinement, lorsqu’il est citoyen, un rôle politique, promouvoir sa cité (polis) ou son groupe (oikos). La multiplicité des cités, des Etats, des unions (symmachie), fonde l’existence de concepts politiques divers, dont nous avons directement hérité, depuis la démocratie, la monarchie, l’aristocratie, l’oligarchie jusqu’à la tyrannie.

C’est aux environs du Vè siècle que naissent lestermes, demos, « le peuple », et kratos « le pouvoir », pour former la démocratie, ou gouvernement du peuple par le peuple. Ce concept s’oppose fondamentalement aux systèmes qui reposent sur l’autorité d’un seul (monarchie, tyrannie) ou d’un groupe (oligarchie, aristocratie).

Il faut tout de suite apporter ici un correctif à l’idée de démocratie telle qu’elle était pratiquée dans la Grèceantique, à Athènes notamment. Seuls les citoyens, nés eux-mêmes de citoyens, peuvent prétendre exercer un pouvoir politique, participer aux assemblées, recevoir une charge. Les étrangers en résidence, les métèques, aussi bien que les esclaves et les femmes sont totalement exclus de la vie politique. Les estimations qui ont été effectuées autorisent à conclure que la vie politique athénienne neconcernait qu’environ 10 % de la population totale.

Les formes politiques correspondent à la fois à des époques et à des lieux divers. Le gouvernement oligarchique est en usage dans la Grèce archaïque (Xè — VIè siècle), et à Sparte avec la constitution de Lycurgue. Dans ce cadre, le pouvoir est exercé par un petit nombre d’hommes, qui peuvent se le voir confier en raison de leurnaissance, il s’agit alors de l’aristocratie, ou de leur richesse, et il est alors question de ploutocratie.

La tyrannie, gouvernement d’un seul selon son caprice pour règle, sans lois (nomos), a été répandue pendant la période de la Grèce archaïque, et ressurgit momentanément lors de troubles sociaux. C’est ainsi que, dans l’Athènes du VIè siècle, le tyran Pisistrate parvient à prendre lepouvoir.


La démocratie, à l’époque classique, repose sur l’existence d’une autorité issue du peuple, et rejette, dans le principe tout du moins, les avantages procurés par la naissance et la fortune.

La monarchie caractérise à la fois l’époque archaïque, le roi d’origine divine des chants homériques, et la Grèce héllénistique, les monarchies issues de l’empired’Alexandre, après sa mort en 323 av. J.- C. Le caractère du gouvernement monarchique se manifeste par l’exercice du pouvoir par un chef unique, le roi.

Contrairement à une idée reçue très répandue, les penseurs grecs qui se sont penchés sur le politique ne sont pas des démocrates convaincus, loin s’en faut. Un des écrits qui nous soit parvenu pour prendre la défense de la démocratie est lepanégyrique de Périclès, rapporté par Thucydide dans l’Histoire de la guerre du Péloponnèse, mais les attaques contre les défauts et les dangers d’un régime démocratique sont longuement développées par Xénophon et Platon.

Ces deux auteurs jugent peu prudent de laisser le peuple gouverner, en raison principalement de son ignorance de la chose politique. Xénophon, dans la République desLacédémoniens incline à l’aristocratie, quand Platon, dans le Politique, souhaite un gouvernement idéal confié aux sages, la sophocratie. Toutefois, l’un comme l’autre condamnent fermement la tyrannie, et son exercice solitaire du pouvoir dans l’oubli total du peuple.


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