L'histoire de l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises

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  • Publié le : 24 avril 2010
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L'abolition de l'esclavage consiste à interdire juridiquement la pratique esclavagiste. Si on trouve historiquement des exemples ponctuels et localisés d'affranchissement des esclaves, l'interdiction légale de l'esclavage, étendue à toutes les catégories de population, reste rare jusqu'à l'époque contemporaine. À la fin du XVIIIe siècle et au XIXe siècle, un mouvement historique d'ampleurinternationale, consécutif à l'émergence de l'abolitionnisme, conduit à l'abolition de l'esclavage au sein des États américains et des sociétés colonisées par l'expansion européenne. Au XXe siècle, l'interdiction de l'esclavage s'est progressivement étendue à l'ensemble des États de la planète.

En France

L'abolition révolutionnaire

Brissot créa en 1788 la Société des amis des Noirs dontl'objectif affirmé était l'interdiction de la traite négrière. Condorcet (Réflexions sur l'esclavage des nègres) réclama un moratoire d'une durée de 70 ans entre la fin de l'esclavage et l'accession des affranchis au statut de citoyen[70]. Malgré les efforts de ses membres éminents, comme l'abbé Grégoire, la Société des amis des Noirs ne put obtenir l'abolition de l'esclavage auprès de l'Assembléeconstituante : c'est au cours de ces débats que le député Barnave s'exclama « le nègre ne peut croire qu'il est l'égal du blanc »[71].
Le 4 avril 1792, l'Assemblée nationale décida d'accorder la pleine citoyenneté à tous les libres de couleur[71]. Le 16 pluviôse an II (4 février 1794), la Convention abolit l'esclavage[72] en avalisant et généralisant la décision unilatérale du commissaire de laConvention à Saint-Domingue, Léger-Félicité Sonthonax, prise le 12 fructidor an I (29 août 1793).
Cette abolition, certes dictée par un humanisme hérité des Lumières, avait aussi comme objet de ramener le calme à Saint-Domingue dans un contexte de pression militaire britannique sur les possessions françaises des Caraïbes[73]. Les esclaves affranchis disposèrent dès lors de la citoyenneté française[73].Cependant, cette abolition ne fut appliquée que dans les possessions françaises effectives : la Martinique par exemple, que les Anglais contrôlaient alors, ne connut pas la suppression de l'esclavage. De même, la volonté de la métropole de faire appliquer l'émancipation aux Mascareignes se heurta au refus des représentants de locaux de recevoir les commissaires du Directoire venus dans cetteperspective en janvier 1796[73]. Au final, outre Saint Domingue, l'abolition de explicite de l'esclavage et implicite de la traite ne s'appliqua réellement qu'en Guadeloupe, sous la houlette de Victor Hugues, et en Guyane[74].

Le rétablissement napoléonien

Articles détaillés : Loi du 20 mai 1802, Expédition de Saint-Domingue et Toussaint Louverture.
Par la loi du 20 mai 1802, Napoléon Bonaparterétablit l'esclavage dans les territoires restitués à la suite du traité d’Amiens, traité qui, en restaurant la paix, rétablit en outre la sécurité du commerce maritime et permit aux négriers français de recommencer leurs expéditions pour quelques mois, avant que la reprise des hostilités en 1803 et l'établissement du blocus continental n'entraîne à nouveau leur repli jusqu'à la Restauration[74]. Laloi de 1802, si elle ne prévoyait pas le rétablissement de l'esclavage dans toutes les colonies françaises, laissait à travers son article IV toute latitude au gouvernement pour légiférer en faveur de son rétablissement général.
En Guadeloupe, en mai 1802, une partie des soldats noirs se rebella. L'insurrection fut écrasée. On estime que près de 4 000 personnes furent tuées entre mai et décembre1802, dont un millier de soldats réguliers[75]. L'esclavage fut progressivement rétabli. Le 17 juillet 1802, Richepance publia un arrêté qui refusait aux gens de couleur de porter le titre de citoyens[76], qui replaçait les cultivateurs dans une servitude complète et qui supprimait les salaires aux cultivateurs[77]. En revanche, l'arrêté consulaire du 16 juillet 1802 ne fut jamais été...
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