L'homme du labrador de b. clavel: le thème de l'ennui

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 5 (1071 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 2 avril 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Le thème de l’ennui
dans l’Homme du Labrador de Bernard Clavel

Dans le vieux Lyon des années 30, la serveuse du bar les Trois Marie retrouve chaque jour ses habitués. Lorsqu’un jour, un inconnu venu du grand nord vient leur raconter le Labrador, les clients sont envoûtés car il leur fait oublier l’ennui. L’ennui est en effet le point de départ de l’histoire. Il est une conséquence de lamorosité du décor et des personnages, mais il est aussi lié à la routine du quotidien de ces gens ordinaires. Surtout, il est le résultat de vies dépourvues d’espoir, de désir et de véritable but.

*
* *

1) L’ennui, conséquence de la morosité

L’ennui est d’abord la conséquence de la morosité ambiante. Elle concerne le contexte de l’histoire, mais aussi lespersonnages.
Le décor est celui d’un vieux quartier de Lyon dans les années 30, tout enveloppé d’odeurs de moisissures et d’égouts. Le quartier St Jean tisse sa toile entre le Rhône et la Saône traversés de ruelles étroites et d’immeubles vétustes. Il s’agit d’un univers plongé dans la grisaille et couvert d’un épais brouillard, de l’aube au crépuscule. Et au cœur de ce vieux Lyon, un bistrottranquille, à la fois modeste et commun, tient lieu de rencontre aux protagonistes de l’histoire. La morosité tient aussi à l’époque et au marasme politique et économique de l’entre-deux-guerres. L’histoire débute en effet en 1937, dans une période difficile pour les ouvriers, victimes de la crise économique qui a suivi le crash boursier de 1929. Ils sont à l’origine des revendications sociales quiont favorisé l’avènement du Front Populaire. Aussi, les grèves ouvrières qui paralysent la France font partie des préoccupations des clients du troquet. L’actualité internationale n’est pas plus réjouissante : la montée d’Hitler et du nazisme en Allemagne alimente les discussions, alors que l’avènement de Mussolini en Italie a favorisé l’immigration italienne…
Mais la morosité est aussi etsurtout celle des personnages de l’histoire, de modestes habitants du vieux quartier populaire. L’insignifiance ronge ces êtres : ils sont décrits comme des gens ordinaires et impersonnels. Dès l’incipit, aucun d’entre eux n’est désigné par son nom. La serveuse est appelée « la rouquine » ; elle accepte d’être traitée de « grosse paysanne » par son patron car elle est originaire d’un village.Quand le patron du bar n’est pas désigné par sa fonction, il est appelé « le vieux ». Mais il y a aussi « le garçon épicier », « le petit marchand de bâches », « les beloteurs », « le boulanger »…tous des habitués du café. Ces gens ordinaires ont souvent un physique des plus commun, comme cette femme boulotte et sans âge qui vient chercher son mari, ou cet homme qui n’enlève son mégot ruisselant deses lèvres que le temps d’y porter son verre. Ainsi, l’ordinaire s’ajoute à l’ennui.

2) L’ennui lié à la routine, la monotonie

L’ennui des habitués du bar des Trois Marie est avant tout lié à la vie routinière qu’ils mènent. Ils ont tous besoin de rompre la monotonie.
La routine est inscrite dans les habitudes des clients du troquet. Comme tous les jours, l’épicier commanderasa menthe à l’eau, les joueurs de belotte, leur beaujolais… La serveuse les reçoit toujours avec les mêmes mots et les mêmes gestes, alors que les clients sont ponctuels au café comme au travail, appliqués à boire toujours la même chose, de la même manière. Et rarement cette routine est troublée par un quelconque évènement. Ainsi, ce lieu représente le courant tranquille de la vie du quartier.La monotonie envahit la vie de ces petites gens. C’est pourquoi ils se rendent dans ce troquet pour tuer le temps, trouver un peu de distraction ou rompre leur solitude en rencontrant d’autres habitués. Ainsi, ils jouent à la belote, racontent les films qu’ils ont l’habitude de voir au cinéma, discutent de sujets d’actualité devenus anodins, tant le fait d’en parler est stérile, ou encore...
tracking img