L'homme est-il violent par nature ?

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  • Publié le : 4 mai 2010
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Lorsqu'on s'interroge sur la violence, on ne peut pas ne pas se demander quelles en sont les causes. Il y a alors deux solutions : soit les hommes sont violents par nature, soit ils le sont à cause de la vie sociale. Mais peut-on vraiment déterminer où la violence est née ?
Tout comme l’animal, l'homme est doté d'instincts par lesquels il se conserve et se perpétue. Nous pouvons donc dire quel’homme, par nature, est disposé à être violent si quelque chose venait porter atteinte à sa condition de vie.
Certes l’homme est disposé à être violent en cas de « danger » mais doit-on dire que l’homme est violent par nature et non à cause de la vie sociale ? Cette dernière n’aiderait-elle pas cette violence à se développer ? En effet ses instincts le disposent aussi à une violence qui vabien au-delà de ce qu'exige sa survie. Il ne semble pas possible de rendre compte de la violence seulement en terme d'utilité par rapport à la survie : bien des violences peuvent sembler tout à fait gratuites de ce point de vue.  
 
Freud dans Malaise dans la civilisation nous dresse un portrait de l’homme : "L'homme n'est point cet être débonnaire, au cœur assoiffé d'amour, dont on dit qu'il sedéfend quand on l'attaque, mais un être, au contraire, qui doit compter au nombre de ces données instinctives une bonne somme d'agressivité. […] L'homme est, en effet, tenté de satisfaire son besoin d'agression aux dépends de son prochain, d'exploiter son travail sans dédommagement, de l'utiliser sexuellement sans son consentement, de s'approprier ses biens, de l'humilier, de lui infliger dessouffrances, de le martyriser et de le tuer." La violence dont l'homme est capable ne se limite pas à celle, provoquée par les circonstances, de la légitime défense, elle est aussi le mode de satisfaction d'une pulsion, d'un désir qui ne doit rien aux circonstances et qui tient à notre nature.
 
Du coup, on peut comprendre que les violences qui paraissent dues aux circonstances, à la vie sociale,par exemple celles lors de compétition, sont en réalité l'expression d'une agressivité naturelle qui trouve dans la compétition l'occasion de se manifester. Si les hommes se battent pour détruire, faire mal, tuer, pour accaparer des ressources naturelles, des richesses ou des honneurs, c'est non seulement pour vivre ou en tirer avantage mais aussi pour priver les autres de ce qui leur est pris. Cequi rejoint la thèse développée par Hobbes : si dans la vie sociale, "L'homme est un loup pour l'homme.", c'est parce que chaque homme est en conflit avec tous les autres d'une part par nécessité, afin d'assurer sa conservation, mais d'autre part aussi du fait de passions naturelles qui l'incitent à les violenter et à jouir de certains avantages à leurs dépends. En somme donc, si l'homme estviolent, c'est par nature qu'il l'est.
 
La thèse de la violence par nature a une explication, c'est le cas chez Freud, et une justification, c'est le cas chez Hobbes, de l'organisation de la vie sociale et en particulier de la rigueur des restrictions qu'elle impose à tous. Puisque l'homme constitue par son agressivité naturelle un danger pour ses semblables, il est sage que la vie sociale ymette bon ordre par des lois et le recours à la force publique. Autrement dit, cette thèse de la naturalité de la violence est solidaire de celle selon laquelle l'organisation sociale et politique a pour fonction essentielle de pacifier la vie sociale, parce que si elle était abandonnée à elle-même, elle serait un champ de bataille permanent.  
A l'agressivité naturelle des individus doit répondreune sanction donnée par la société.
Or, l'organisation sociale peut avoir d'autres fins que celle d'établir la paix, on peut se demander si cette relation entre la violence individuelle et sa répression sociale ne devrait pas être renversée. A savoir : la violence des individus, qu'on attribue à l'agressivité naturelle, ne doit-elle pas plutôt être mise au compte de l'organisation sociale et...
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