L'homme - lamartine

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  • Publié le : 3 mai 2010
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"La littérature romantique exprime notre religion."[1] Lamartine, s'aligne dans un sens sur cette citation de Mme de Staël. L'homme, poème romantique dédié à Lord Byron, possède cette dimension religieuse au sens propre, comme au figuré. En puisant ses sources dans un merveilleux chrétien, Lamartine développe une conception singulière de l'homme, de son rapport à la religion et donc de sonexistence.
Nous nous interrogerons sur le cheminement qui passe par la singularité, pluralité, et universalité du poème.
Nous verrons dans un premier temps que ce poème semble dédié à une personnalité controversée de l'époque, époque se situant à la jonction de deux mouvements littéraires perceptible dans notre poème ce qui fera l'objet de notre seconde partie. Jonction de siècles différents, créantune certaine instabilité artistique menant à une vision de l'existence particulière.

Au début de son poème, Lamartine s’adresse à un interlocuteur non définie (vers 1 : « Toi ») qui pourrait être un lecteur fictif. Ce « Toi » n’étant pas spécifié, laisse place à un léger suspens, qui au final retombe deux vers plus loin, car nous pouvons voir que ce « toi » désigne en réalité un poète anglaiscontemporain à Lamartine : Lord Byron. En effet, le nom de cet artiste est présent à quatre reprises dans la première partie du poème, sans compter le nombre d’apparition du pronom « toi ». Ce suspense est donc à mettre entre parenthèses mais nous pouvons tout de même imaginer que le pronom «  toi » interpelle le lecteur et provoque son attention. De cet écrit découle une véritable admiration pourcet homme, qui apparaît comme source d’inspiration, voire double du poète lui-même (v. 63 « comme toi, ma raison en ténèbres abonde... »). Byron semble être une figure poétique qui inspire Lamartine et qui le fait même réagir. L’admiration de l’auteur est perceptible par la comparaison établie entre Byron et l’image de l’aigle, (« il ne veut comme toi… » v. 9) aigle qualifié de « roi des déserts »(v.8) exprimant ainsi la suprématie de l’animal, suprématie renforcée d’ailleurs, par la suite du vers car ce dernier « dédaigne » la plaine. Cette utilisation de l’aigle n’est pas sans laisser penser au drame de Byron, Manfred : à la scène 2 de l’acte I de cette pièce, où l’animal apparaît au héros en proie à ses tourments, ce qu’il lui vaut une réflexion sur le sens de l’existence. Lamartineréutilise ici la même image et l’attribue à Byron. La symbolique de l’aigle n’est pas mince, entre les sources antiques qui l’attribuent à Jupiter ou la religion chrétienne qui l’assigne à St Jean, il en reste que cet animal apparaît comme source de puissance, incontestablement relié au divin. En plus de la comparaison avec l’image de l’aigle, Lamartine rapproche les poèmes de Byron aux bruits « dela foudre et des vents » (v.5), symbole eux aussi de puissance qui peuvent être aussi reliés au divin. La vision que nous avons de Byron semble ainsi quasi divine, inspirant Lamartine, ce qui est confirmé par ses propos dans la méditation poétique qui suit le poème : « j’avais enfin trouvé la fibre sensible d’un poète à l’unisson de mes voix intérieures. » p.89). L’idée du double poétique est ànouveau envisageable lorsque Lamartine commence son vers n°63 par une comparaison direct entre lui et Byron : « Comme toi, ma raison en ténèbres abonde ».
Cette admiration apparente ainsi que l’idée de double artistique n’empêche pas l’auteur d’apposer un jugement quant l’attitude et la force créative de Byron.
Ainsi Lamartine a composé L’homme en s’inspirant de cet artiste plus aumoins controversé. En effet, les créations de ce dernier ne font pas l’unanimité au sein du cercle littéraire européen du début du XIXème. Nous pouvons à ce sujet ouvrir une parenthèse avec Stephen, jeune héros de l'œuvre[2] de James Joyce, qui se fait critiquer par ses camarades quant à l'admiration pour Byron considéré comme un « hérétique ». Rappelons que la vie de Byron n’a pas été sans...
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