L'homme qui rit

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  • Publié le : 9 décembre 2010
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Le haut et le bas ont un rôle symbolique essentiel dans « L'homme qui rit » de Victor Hugo. En effet, ces deux éléments sont tout d'abord associés à l'apparition du personnage principal de l'oeuvre, Gwynplaine, et à celle de Dea, autre personnage essentiel du roman, qui tout deux sont sortis des profondeurs, d'en bas. La suite du récit raconte le destin incroyable de Gwynplaine, qui, après avoirété recueilli par Ursus, devient un célèbre bateleur, puis un homme à qui l'on restitue son véritable statut, celui de Lord. L'apogée du roman est certainement le discours que prononce Lord Clancharlie, alias Gwynplaine, à la chambre des Lords, discours ayant pour but de faire voir à la haute société les malheurs du bas de l'échelle sociale, en vain cependant. Le roman s'achève avec la mort de Deaet celle de Gwynplaine, qui se noie dans les profondeurs de la tamise, mais ce n'est que pour mieux retrouver Dea au paradis, « là-haut », comme l'indique le titre du dernier chapitre de l'oeuvre, afin de pouvoir s'aimer comme ils le désirent. Finalement, Lorsqu'on s'intéresse au destin de Gwynplaine et Dea, ont voit que leur vie est, en somme, une ascension.



Pour commencer, intéressonsnous plus en détail à l'apparition de Gwynplaine dans le roman. Alors âgé d'une dizaine d'années, Gwynplaine se retrouve seul, abandonné par les comprachicos, à la pointe sud de Portland. C'est à partir de la page 108 que Victor Hugo utilise un vocabulaire nous montrant clairement que l'enfant se trouve « en bas ». L'enfant était dans un désert, entre des profondeurs où il voyait monter la nuit etdes profondeurs où il entendait gronder les vagues. Notons encore que dans ce passage la nuit monte, ce qui n'est pas ce qu'on l'on a l'habitude de voir. Ce changement nous donne l'impression que sont en fait les ténèbres qui montent, qui sortent des profondeurs du monde.

À ce point du récit, Gwynplaine se retrouve donc seul au milieu d'un désert entouré de profondeurs. Sa détresse ne s'arrêtecependant pas là: Gwynplaine, qui était maintenant sorti de sa torpeur et avait décidé de se mouvoir, se retrouvait face à une falaise. À partir de ce point, alors que Gwynplaine essaie d'escalader cette falaise, c'est-à-dire de sortir des profondeurs dans lesquelles il se trouvait, Victor Hugo utilise un vocabulaire tout en rapport avec le haut et le bas pour décrire cette ascension. Gwynplainemonte la falaise, escalade le sentier, gravit, grimpe, puis tombe à cause de la glace et se raccroche à une branche sèche ou à une saillie de pierre, après avoir pendu quelques instants sur le précipice. Une fois il eut affaire à une veine de brèche qui s'écroula brusquement sous lui, l'entraînant dans sa démolition. Ces effondrements de la brèche sont perfides. L'enfant eut durant quelques secondesle glissement d'une tuile sur un toit; il dégringola jusqu'à l'extrême bord de la chute; [...]; il s'affermit et remonta silencieux. L'escarpement était haut. Il eut ainsi quelques péripéties. Le précipice s'aggravait de l'obscurité. Cette roche verticale n'avait pas de fin. Elle reculait devant l'enfant dans la profondeur d'en haut. À mesure que l'enfant montait, le sommet semblait monter. Touten grimpant, il considérait cet entablement noir, posé comme un barrage entre le ciel et lui. Enfin il arriva. (pp. 108-109)

Après tout ces efforts, Gwynplaine atteint le plateau, et comme le dit Hugo, il prit terre, car il sortait du précipice. (p.109). Ce paragraphe du roman illustre parfaitement l'apparition de Gwynplaine dans le monde: sorti des profondeurs.



Les misères de l'enfantne s'arrêtent cependant pas encore, car, bien que sorti des profondeurs, il avait encore une tempête de neige à affronter. C'est au beau milieu de cette tempête que Gwynplaine entendit un cri de désespoir, un cri de détresse, qu'il reconnut bien vite comme un gémissement qui vacillait entre la vie et la mort. Gwynplaine avait localisé cette plainte comme venant de « là-dessous » (p.215). Ce «...
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