L'homme sans lois

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  • Publié le : 16 octobre 2010
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Peut-on vivre sans loi ?
Introduction
I. PAS D’HUMANITE SANS LOI
A. AU NIVEAU SOCIAL
1. Les trois fonctions de la loi.
2. Ethique et droit
B. AU NIVEAU PERSONNEL
C. LES INTERDITS FONDAMENTAUX
II. LOI ET LIBERTE
A. LA CASUISTIQUE
1. Laxisme
2. Le rigorisme ou tutiorisme absolu
3. Probabilisme
4. Probabiliorisme
5. Equiprobabilisme
B. Emmanuel KANT : PAR DEVOIR OU PAR INCLINATION ?Bibliographie
Introduction
La loi semble empêcher les hommes de faire ce qu'ils veulent. Or, c'est tout le contraire. Sans loi, il n'y aurait qu'anarchie et violence. On verra ici que non seulement il n'existe pas d'humanité sans loi mais surtout qu'il ne peut pas exister d'humanité sans loi. La loi que symbolise le concept d'interdit est ce qui permet à l'homme d'accéder à la vie et auxhommes de vivre ensemble.

Nous avons déjà parlé de la loi à propos de la morale au début de l’année. Nous nous étions dits alors que la morale comme science qui réfléchit les actes humains n’était pas réductible à la loi ou aux normes ou encore aux préceptes. La morale était plutôt cet effort de réfléchir le sens des actes humains afin de mener une vie bonne avec et pour autrui. « La morale purene promulgue aucune loi, elle vérifie la légalité, pour ainsi dire constitutionnelle, des lois existantes et des lois implicites dans les intentions. » (1)

Cependant, comme nous le savons, si la morale qui, chez Weil, se comprend comme l’effort de réflexion, elle porte sa réflexion aussi sur les normes qui permettent la vie commune.

Il y a plusieurs manières d’aborder la question de la loi.Soit par le biais social, soit par le biais psychanalytique soit encore dans le rapport de l’éthique à la loi positive édictée par le législateur.

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I. PAS D’HUMANITE SANS LOI

Lorsque l’on s’intéresse à l’ethnologie, il est assez facile de constater qu’il existe beaucoup de systèmes sociaux sur la terre. Des systèmes très variés et peu compatibles entre eux. (patrilinéaires oumatrilinéaires, règles de transmission des biens, sens de la pudeur, gestion de la violence, …). Une telle variété ne remet pas en cause le principe que quelque soient les lois établies, les codes moraux intégrés ou incorporés, il n’existe pas de société sans un système de codes ou de lois.
La philosophie morale s’intéresse peu à l’ethnologie mais beaucoup à la loi, en particulier pour savoirqui de l’individu ou de la loi est premier. Mais aussi comment l’individu s’incorpore la notion de loi. Il reste tout un pan très important que l’on n’abordera pas aujourd’hui mais une prochaine fois qui porte sur les diverses formes de transgressions de la loi.


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A. AU NIVEAU SOCIAL
De la société ou de l’individu, qui est le premier ?
Une société est toujours composée deplusieurs individus. Il y a deux manières de considérer cependant cette société.
Soit on suppose des êtres identiques éventuellement rivaux et opposés (Hobbes, Rousseau) qui se réunissent pour vivre ensemble sous la règle commune qu’ils instituent (une forme de contrat social) auquel cas l’individu est premier et la société fruit des individus.
Soit les individus sont compris d’abord comme membresde la société à laquelle ils appartiennent auquel cas c’est la société qui est première et les individus qui adviennent à leur statut d’individu par la médiation de la société.
C’est la deuxième approche que défend André Clair et il me semble qu’il a bien raison. Nous verrons que les données psychanalytiques lui donneront raison. En fait, la société précède l’individu, elle l’accueille et leconstitue membre. L’individu n’a pas tant à fonder cette société qu’à « l’explorer et à en expliciter la constitution » (2). « L’instance n’a pas à être construite, mais à être découverte dans l’être de la cité » (3). Il me semble que cela est le chemin ordinaire de notre avènement à nous-mêmes comme être social. Ainsi avant d’être pris en otage par le surgissement du visage d’autrui, j’ai déjà...
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