L'illusion comique

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 5 (1139 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 12 avril 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Introduction
Durant le XVIIème siècle, deux mouvements cohabitaient : le baroque et le classicisme. Le Baroque est moins strict du point vue de l’écriture par rapport au classicisme ; le non respect des trois unités, de la bienséance et bien d’autres. Dans la scène 2 de l’acte II, on note l’arrivé d’un personnage égocentrique et vantard nommé Matamore. En quoi ce personnage emblématiquefait-il partie de l’illusion théâtrale ? Tout d’abord Matamore nous est présenté comme un être superficiel, personnage du paraître qui n’existe que parce qu’il raconte. De plus cette illusion est renforcée par le comportement de Clindor qui en réalité domine son Maître.


I – MATAMORE, UN PERSONNAGE DU PARAÎTRE
1 Matamore fait son propre éloge
énonciation : pronoms et adjectif à la 1erpersonne = tournure anaphorique : égocentrisme mis en avant.

Champ lexical du pouvoir et de la destruction > Matamore fait son éloge
- Opposition singulier/pluriel => Matamore se compare au monde entier (vers 320, 323 et 325), montrant sa puissance et sa supériorité

2 Ridicule de ses propos
Procédés hyperboliques : lexique mélioratif renforcé par la versification, termeélogieux à la rime.

Propos trop exagérés => ridicule et invraisemblables.

3 Personnage superficiel
longueur des répliques disproportionnées, il n’existe que par ce qu’il raconte => c’est un personnage de fiction théâtrale.

Transition : L’illusion que Matamore se fait de lui-même est renforcée par une autre illusion : celle que Clindor donne de Matamore.

II- DOUBLE JEU DECLINDOR
1 - Clindor, acteur, spectateur et metteur en scène
Mode injonctif à 2 reprises : Clindor mène le discours de Matamore. Malgré ses courtes répliques, il domine son maître.

2 - Complicité avec le spectateur
Enchaînement des répliques (vers 338 et 339) avec répétition du conditionnel => moquerie, en flattant son maître le rendant encore plus ridicule = ironie.
-Assonance monosyllabique à modalité interrogative, oblige Matamore à se justifier devant sont valet.

Conclusion
Dans cet extrait nous avons donc pu observer que Matamore est un personnage victime d’une double illusion : sa propre illusion et celle que Clindor lui donne. Cet extrait permet également une réflexion sur la mise en abyme qui décuple les capacités de l’illusion théâtrale.Matamore, l’illusion et la mise en abyme ne sont-ils pas dans la pièce des éléments majeurs et incontournables de l’éloge théâtrale ?

AUTRE ETUDE
Introduction
On rencontre deux nouveaux personnages : Matamore, vantard et peureux qui surenchérit ses exploits, Clindor, ironique. Matamore se refuse à l’affrontement avec Adraste ce qui met en doute sa valeur guerrière et son amour. Il se présentecomme un héros mais l’invraisemblance des exploits qu’il s’attribue le tourne en ridicule/comique. C’est un personnage héroi-comique issu de la comedia dell’arte. Tout en contant ses exploits, il ne peut affronter son rival. Est-on dans l’illusion ?

I - Matamore
Il incarne le rôle du miles gloriusus. Les termes de «vertus…juste fureur…valeur… perfections» renvoient à l’image d’un hérostragique. C’est une amorce de discours héroïque ici parodié car le passé se raccroche au mythe dans l’imaginaire du personnage et non dans la réalité du vécu du personnage. Il se dévoile en deux mouvements de la scène :
- vantard par la parole
- peureux par le geste
Son emphase hyperbolique (cf. hyperbole) marque l’invraisemblance des conquêtes de Matamore qui se dégagent du coté épique de sondiscours : «contemple 2 fois (anaphore à l’hémistiche), race, abattus, périe, déserte, souffre (qui marque son dédain), détruit (qui marque la violence), vers 13 les déserts découlent de sa puissance guerrière».
Le pluriel des actions héroïques sur les deux continents accentue sa simili-puissance qui entraîne l’effroi. L’héroïsme est parodié car on touche à l’invraisemblance. Matamore confirme...
tracking img