L'imagination est-elle "la maitresse d'erreur et de fausseté pour l'homme"?

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  • Publié le : 5 avril 2011
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Limagination est-elle "la maitresse d'errreur et de faussété pour l'homme"?

Crise culturelle majeure à la fin du Moyen Age avec la mise en question de l’autorité cléricale. Science qui opère une révolution complète des modes des modes de représentation du monde // protestantisme qui vient mettre un terme à l’ancienne sacralité religieuse = Eglise dénoncée comme l’expression d’une autoritédépravée par les séductions de l’imagination  nouvelle forme de vérité, toute subjective sans la médiation d’une quelconque instance transcendantale. La mort du Dieu de la religion correspond à la refondation de l’homme sur la raison comme principe interne de partage entre le vrai et le faux, le bien et le faux. Raison = mot d’ordre des temps modernes. Désenchante le monde physique en lui retirantson statut surnaturel de création divine. L’homme prend conscience de sa force intellectuelle et amplifie par là le mouvement qui le porte à conquérir son milieu naturel pour le transformer à son avantage. Ce nouvel homme, sûr de sa puissance personnelle de raisonnement, n’aspire donc pas à imaginer mais à posséder, pas seulement la terres et ses richesses, mais aussi lui-même. Le projet de lamodernité est de permettre à l’homme de devenir maitre et possesseur de sa propre existence rationnelle. C’est à travers cette quête de souveraineté personnelle contre toutes les formes d’autorité traditionnelles que l’imagination se voit situer du côté d’une puissance trompeuse, dont l’homme doit se protéger. La modernité ramène l’imagination à des mécanismes corporels qui rendent compte de la manièretombe dans l’erreur. Le péché est donc remplacé dans la modernité par l’erreur et ainsi par l’idée d’ignorance.

Reprenant les conceptions développées par Platon dans l’antiquité, l’imagination pour le rationalisme de l’âge classique est à associer aux représentations du sens. Elle nous abuse dans la mesure où elle nous amène à croire que ce que nous voyons correspond bien à ce qui est, et doncà fonder illusoirement la connaissance du réel au travers de notre corporéité. C’est pourquoi, en étant associée à l’extériorité sensible, l’imagination devient la puissance qu’il s’agit de discréditer (d’où l’exemple du morceau de cire de Descartes) pour arriver à une connaissance véritable des corps sensibles, jamais assimilables à la perception, mais aussi à la connaissance du principe surlequel repose la possibilité de toute connaissance. Descartes est à la recherche d’un fondement ultime. L’ancienne théologie voulait tout faire dépendre de Dieu ; la modernité veut tout fonder sur le sujet pensant. Le doute, que Descartes conçoit comme volontaire, radical, méthodique, hyperbolique et métaphysique, est au principe de la dénonciation de la puissance de l’imagination et d’une ascèseintellectuelle qui culmine à travers la découverte de la vérité du cogito comme vérité fondatrice. Renter en soi, le maître mot des temps modernes, correspond à la naissance du sujet et Descartes est bien celui qui fait de l’intériorité subjective le lieu donation de la vérité indubitable de l’existence de l’homme comme âme pensante.

Aves Descartes, l’imagination est discréditée d’entrée de jeu,puisque sa puissance de projection (par l’attachement de l’homme à ce qui se présente à lui sous la forme de l’extériorité sensible) est contestée à travers le retrait que s’impose le penseur pour partir en quête de vérité. Mais tout est-il aussi simple ? La sortie de la caverne dans laquelle nous enferme l’imagination n’est-elle pas plus difficile ? Nous pourrions reprendre la définition deDescartes de l’imagination et lui donner une autre extension pour comprendre l’originalité d’un Pascal ou d’un Malebranche. Imaginer, c’est alors se contempler soi-même à la manière de l’image d’une chose corporelle. Autrement dit, c’est se produire soi-même comme image, par rapport à soi mais aussi aux autres. Descartes n’a pris en compte l’autre versant d’homo imaginatus, en fait au départ du mode...
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