L'inconscient en terme d'excuse

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  • Publié le : 15 décembre 2010
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L’inconscient est-il une excuse ?

Introduction

Au début du vingtième siècle, la découverte freudienne va révolutionner la conception que la philosophie classique se faisait de l’homme et infliger à l’humanité « la troisième blessure narcissique » de son histoire. En effet, cette idée d’inconscient va remettre en question la toute puissance de la conscience en soutenant que « le moi n’estpas maître dans sa propre maison ». Or ceci pose un problème sur le plan moral : cela peut amener à penser que le sujet conscient, manipulé par des forces qui lui échappent, pourrait ne pas être responsable de ses choix et de ses actes. Alors, s’il existe en nous des forces puissantes que nous ne connaissons pas, peuvent-elles nous faire agir à notre insu, d’une manière immorale ? Est-il possibleet légitime de ne pas assumer ses actes et de ne pas reconnaître ses fautes, en invoquant la présence en nous d’un « étranger » qui endosserait la culpabilité et disculperait le sujet conscient que nous sommes aussi?

I. Que signifie la thèse : l’inconscient est une excuse ?

Une excuse est une raison que l’on invoque pour dire que l’on ne se sent pas coupable de ce dont on nousaccuse. On l’emploie pour nier toute responsabilité et ne pas assumer ses actes. Une bonne excuse permet de ne pas se sentir fautif.

Dans la théorie freudienne l’inconscient représente l’essentiel de la vie psychique. C’est une réalité dynamique, « le lieu » où se déploient des forces puissantes. Dans le « ça » des pulsions primitives d’origine biologique expriment au niveau psychique lesexigences du corps. Concept limite entre somatique et psychique ces tendances issues de nos instincts de vie et de mort expriment notre nature. Or, cette nature selon Freud est mauvaise « l’homme est un loup pour l’homme ». e n’est pas l’amour qui règne en nous primitivement mais l’agressivité, l’hostilité, l’égoïsme. Ces pulsions suscitent un état de tension qui en cessant procure du plaisir. Ellescherchent d’une manière aveugle à atteindre leur but, sans se soucier de la réalité ou de la morale.

Le « Moi », en grande partie conscient, n’a pas accès à ces processus psychiques inconscients. C’est pourquoi s’il est soumis à des pulsions qu’il ne connaît pas, il ne peut ni les gérer, ni les contrôler. On pourrait alors, être tenté de voir l’inconscient comme un « mauvais ange » ou « undiabolique conseiller » selon les formules d’Alain, qui nous pousserait à agir sans que la conscience le sache et sans qu’elle puisse intervenir pour arrêter le processus.

Cet « obscur fantôme » censé nous habiter, serait alors le véritable auteur de nos actes, ce serait lui le responsable de tout ce que nous faisons de mal. Le sujet conscient serait innocent puisque ignorant et impuissant : ilpourrait dire, « je n’ai pas voulu cela je n’y suis pour rien ».

II. Mais, cette thèse d’un inconscient tout puissant, auteur de nos actes est-elle acceptable ?

Non, nous dit Alain c’est une mauvaise vulgarisation qui a fait de l’inconscient, « un autre moi » (caché celui-là) maître de nos actes. Le voir ainsi ne résiste pas à l’analyse, c’est une erreur, une méconnaissance de cequ’est l’inconscience.

Revenons donc à la théorie freudienne pour discerner ce que veut vraiment produire l’inconscient. Quand il nous apporte des preuves de l’existence de l’inconscient, Freud invoque chez l’homme sain, les rêves (exutoires de l’inconscient), les actes manqués (les petits ratés dans la vie de tous les jours, comme les lapsus, erreurs, oublis, maladresses, etc. … ) et lespensées sans à propos (celles qui nous viennent sans que nous en percevions l’origine). Rien que l’on puisse nous reprocher. Rien, dont il nous faille nous justifier. Ils ne sont pas des manquements à la morale. Ils expriment certes, des lacunes de la conscience mais ils ne constituent pas des fautes morales.

Chez les malades que Freud traite par la cure, les preuves de l’existence de...
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