L'inconscient peut il avoir notion d'excuse ?

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  • Publié le : 4 janvier 2011
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Il paraît paradoxal de s’interroger sur la possibilité de l’incosncience de représenter une excuse. En effet, quelqu’un d’”inconscient” se voit reprocher son manque de responsabilité, l’inconscience apparaissant alors comme un défaut moral. Cependant, n’est-il pas nécessaire qu’une partie de notre vie soit inconsciente, de sorte que l’inconscience ne relève pas d’une liberté déficiente, maisd’une irréductibilité essentielle ? L’inconscience reviendrait alors å une forme d’ignorance. Notre question serait alors : pouvons-nous déterminer dans quelle mesure cette ignorance est réductible, afin de pouvoir décider si l’inconscience, dans certains cas, peut effectivement avoir valeur légitime d’excuse ?L'inconscient peut-il servir d'excuse ?

Analyse du sujet

Est inconscient (adjectif) ausens large, ce qui est privé de conscience ou ce qui n'entre pas dans le champ de la conscience.
Ex.: La matière est inconsciente. Un sentiment peut être inconscient. Le fonctionnement de certains organes est inconscient.

Au sens moral, l'inconscience est un manque de jugement. Une déficience de la capacité de distinguer le bien et le mal ou d'évaluer les conséquences d'un acte.
Ex.: Desparents inconscients, l'inconscience d'un criminel

L'inconscient (substantif) au sens psychanalytique (Freud) est ce qui est refoulé hors du champ de la conscience. L'inconscient est une instance du psychisme humain (le ça), lieu des pulsions, dominé par le principe de plaisir.
Le sujet ne contrôle pas son inconscient, et pourtant certains de ses actes sont l'effet de mobiles inconscients. De telsactes sont-ils toujours imputables au sujet ?

Ainsi, le terme d'inconscient renvoie d'une part à tout ce qui n'est pas conscient (le non-conscient en général) et d'autre part à une réalité psychique possédant une structure et un mode de fonctionnement propre et que la psychanalyse étudie. En général, le substantif "l'inconscient" renvoie au deuxième sens, alors que "l'inconscience " et le"non-conscient" renvoient au premier.

L'inconscient, au sens psychanalytique, peut-il servir d'excuse ?

Ici, c'est la possibilité au sens de la légitimité dont il est question : avons-nous le droit, est-il légitime de prendre prétexte de l'inconscient pour excuser nos actes et diluer notre responsabilité?

Une excuse est quelque chose qui disculpe. La notion d'excuse est donc étroitement liéeà celle de responsabilité. La responsabilité de celui qui est excusé est levée ou atténuée. Se demander si l'inconscient peut servir d'excuse revient donc à se demander si la référence à l'inconscient du sujet peut supprimer ou atténuer sa responsabilité.

Notons la nuance entre "être une excuse" (l'inconscient excuserait effectivement certains actes) et "servir d'excuse" ("ête utilisé comme...",ce qui suggère une certaine mauvaise foi).

Problématique

Un acte se distingue d'un simple mouvement (actions machinales, actions accidentelles, tics, réflexes) comme quelque chose à la fois de conscient et de volontaire. Mes actes me sont imputables et j'en suis responsable parce que j'en suis conscient et que je les contrôle. Par conséquent, on ne fait vraiment que ce que l'on a consciencede faire par choix. On ne fait pas vraiment ce que l'on fait sans le savoir ou sous la contrainte.

La découverte de l'inconscient a eu pour conséquence de remettre en question la maîtrise du sujet sur lui-même, ses actes, ses sentiments et ses pensées. " Le moi n'est pas maître en sa maison " dit Freud.
Si l'inconscient est une force obscure qui me dépasse et qui détermine mon comportement,suis-je encore responsable de mes actes ? L'inconscient ne peut-il pas être invoqué pour me disculper ?
L'hypothèse de l'inconscient semblent m'enlever toute responsabilité en m'enlevant toute liberté, donc toute moralité. Ainsi le reconnaît le Code pénal : "Il n'y a ni crime ni délit lorsque le prévenu était en état de démence au temps de l'action [...] ou lorsqu'il a été contraint par une...
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