L'influence de les langues africaines sur la langue francaise

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  • Publié le : 8 décembre 2010
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Je vais vous présenter un projet qui était réaliser par Isabelle Anzorgue dans le cadre de son enseignement dans un lycée de zone sensible, d΄une banlieue appelée par ces mêmes jeunes et les journalistes des informations nationales et régionales, le “neuf quatre“.
Habituée au terrain complexe de situations pluriethniques et plurilinguistiques sur lequel elle a travaille au Togo et enCote-d-Ivoire, Isabelle Anzorgue a effectue une mini-enquête sur les mécanismes d’emprunts du français aux langues africaines, après l’occasion d une anecdote avec un élève et le mot toubab.
« Toubab » aurait un sens supplémentaire en contexte français : celui de « bourgeois » opposé à «populaire » ; de «parisien » en opposition à « banlieusard ». Le périphérique symboliserait une sorte de mur de Berlinséparant deux zones géographiques, deux classes sociales, deux cultures et donc deux manières d’appréhender la langue. Il y aurait donc d’un côté une banlieue dans laquelle le français utilisé par les jeunes aurait une fonction de minimisation des conflits ethniques, culturels et sociaux face à la Capitale qui serait vue de façon schématique, certes, comme représentative d’un monde auquel ilsn’auraient pas accès.

Un corpus limité mais déjà complexe…

La classe reflète assez bien de par sa composition, le profil général de l’établissement. Elle se compose essentiellement de garçons (une seule fille) dont la représentation des origines des élèves se compose de la façon suivante :
30 % de Français « de souche »
30 % d’origine maghrébine
15 % de Français d’origine antillaise
10 %d’origine d’Afrique noire
10 % d’origine portugaise, espagnole ou italienne
5% d’origine asiatique.

Il est important de préciser que la notion d’origine comprend à la fois la notion de naissance ou de filiation à travers les parents, ce qui n’est pas sans importance pour comprendre la relation à l’autre tant dans sa valeur sociale que linguistique. En effet, celle-ci n’est pas toujours idyllique etelle est souvent révélatrice d’un problème d’identification à la fois à la société française et à la société de leur origine personnelle ou de celle de leurs parents. De nombreux jeunes nés en France ou arrivés dès leurs premières années de scolarisation, ont perdu contact avec les réalités du pays dont ils sont originaires pour des raisons bien souvent financières. C’est essentiellement le casdes jeunes qui ont des origines africaines au sens large du terme : Maghreb et Afrique subsaharienne. La plupart ne maîtrisent pas vraiment la langue d’origine des parents même s’ils affirment qu’ils la parlent à la maison. En réalité, ils la comprennent mais ne la pratiquent que de façon très artisanale mélangeant français et árabe maghrébin ou français et langue africaine. Il en résulte unproblème d’acculturation renforcée par le fait que ces jeunes se définissent eux-mêmes entre deux cultures :
la culture française qu’ils vivent au quotidien au lycée, et l’autre plus confuse, celle de leurs parents à laquelle ils essaient d’être fidèles tout en ne la comprenant pás toujours. Ce malaise est accentué par l’étiquette qui leur est souvent donnée par les média, celle de « jeunes issus del’immigration » alors qu’ils sont pour la plupart nés en France. L’ensemble se perdant dans la confusion des notions à auxquelles ils adhèrent ou non, celle de Blacks ou de Beurs qui reflètent leur absence d’appartenance réelle à aucune des deux cultures évoquées, auxquelles ils préfèrent très souvent celle de Renou ou de Rebeu. Les appellations « Black » et « Beur » sont en effet vécues comme unelégitimation dans la société française par référence aux succès sportifs (Coupe du Monde en 1998) de l’équipe de football de France « Black, Blanc, Beur » contrairement à « Renoi » et « Rebeu » qui font davantage référence aux origines parentales et marquent une marginalisation au sein de cette même société. Ces dernières sont d’ailleurs largement plus répandues au sein des jeunes du lycée...
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