L'innovation ordinaire

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  • Publié le : 5 janvier 2011
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FICHE DE LECTURE

L’innovation ordinaire de Norbert Alter.

Norbert Alter est un professeur de sociologie, il est également directeur du Centre d'Etude et de Recherche en Sociologie des Organisations. Il a travaillé pendant 12 ans comme sociologue dans une grande entreprise. C’est un spécialiste de l'innovation et a donc publié plusieurs livres.
Il élabore ici une théorie basée sur le faitque c'est désormais le mouvement, bien plus que la stabilité qui caractérise les situations de travail.

CHAPITRE 1 : LA TRAJECTOIRE DES INNOVATIONS

L'innovation diffère de l'invention du fait qu’elle représente la mise en œuvre de cette invention et son intégration dans un milieu social. Si le milieu se l'approprie, alors l'invention devient innovation.
Le développement de l'innovation sefait en trois temps : C'est au départ le fait de quelques personnes qui prennent un risque par rapport aux routines en élaborant de nouvelles combinaisons de ressources. C'est ensuite l'apparition d'imitateurs qui viennent bouleverser l'ordre établi en les généralisant et en développant des innovations secondaires. Le troisième temps est caractérisé par un retour à l'ordre et par la définitionprogressive de nouvelles règles du jeu qui entérinent le nouvel ordre social issu de ces bouleversements.
Elaborant de nouvelles combinaisons, l’entrepreneur subit des contraintes objectives, puisqu'il n'existe pas d'expériences antérieures lui permettant de conduire son action de façon " rationnelle ", il doit alors composer avec l’ordre établi. Ce sont donc les croyances qui permettentl'investissement, elles vont permettre de justifier des actions non logiques dans le processus d’innovation.
L'innovation s'oppose à l'organisation et à la rationalisation du travail : non seulement elle suppose de croire, mais elle suppose également de transgresser les règles de l'ordre établi.
CHAPITRE 2 : INVENTIONS ORGANISATIONNELLES ET DECISIONS NORMEES .
Les décisions organisationnelles ne sont, audépart, que des inventions, qui répondent plus aux normes des milieux de la dirigeance qu'à un réel calcul économique.
La part de croyances associée aux investissements immatériels nous invite à penser que les décisions de changement, parfois qualifiées " d'innovations organisationnelles " ne sont en fait que des inventions. Ces inventions semblent être désirées plus pour leur qualité intrinsèqueque pour l'usage auquel on les destine.
Il existe donc ici une indépendance certaine des questions et des réponses, et leur association peut se faire sans aucun lien logique, sauf à croire que les solutions proposées sont adaptées à la totalité des problèmes de gestion. Ce manquement à la raison, en matière de décision organisationnelle, peut être encore exploré en variant l'exercice : on peutconfronter aux cinq réponses toutes sortes de questions importantes dans la vie de l'entreprise (flexibilité du travail, évaluation du personnel…) ; on peut également choisir d'intervertir question et réponse. Malgré l'absence de lien logique, peu de propositions ainsi formulées apparaîtront réellement déplacées. On peut alors penser trouver la réponse " adaptée " avant même de connaître laquestion.
Des éléments d'explication nous sont fournis par le " modèle de la poubelle ", ce modèle consiste à considérer la décision comme une corbeille à papier où sont jetés en vrac solutions et problèmes.
La décision obéit d'abord à la norme, et non l'examen rationnel des situations. La gestion des ressources humaines en donne un bon exemple : il y a accord aujourd'hui, chez les observateurs dumonde du travail, sur le décalage existant entre le travail prescrit et le travail réel, qui correspond à l'activité effectuée. - Le décideur doit décider, montrer qu'il sait faire des choix et arbitrer entre différentes solutions.
- Il décide en fonction de sa propre représentation de la raison managériale : Les bonnes idées (efficaces)...