L'intervention de la banque centrale anglaise

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  • Publié le : 22 décembre 2011
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Le but de cette note de synthèse est de permettre aux étudiants de se confronter à un cas pratique récent et de relier les politiques monétaires non conventionnelles à la trappe à la liquidité et au stock de dette encore présent dans l’économie)
Le 6 octobre 2011, la Banque d’Angleterre (BOE dans le reste du document) a pris la décision de prolonger son programme de rachat d’actif de 75milliards de livres sterling : le total du programme atteint désormais 275 milliards. Dans un contexte économique morose, et ne pouvant plus jouer sur son principal taux directeur déjà quasiment nul (0.5%) la BOE a préféré jouer la carte d’une prolongation de son programme d’assouplissement quantitatif. On désigne par assouplissement quantitatif et qualitatif l’ensemble des politiques monétaires nonconventionnelles mises en place par les grandes banques centrales des pays développés à partir de 2009 pour faire face à l’inefficacité de la politique monétaire. Ces politiques passent notamment par des achats massifs de titres pour financer directement l’économie, ce qui précisément le but de la BOE ici.
Cette décision a surpris de nombreux économistes, au moment ou le débat sur les plansd’austérité et les risques de défaut sur les dettes souveraines fait rage dans le reste du continent. La tendance générale était plutôt de considérer que le risque de perte de confiance et d’inflation associé avec l’assouplissement quantitatif recommandait un usage parcimonieux de ces mesures. Beaucoup les proscrivent même, arguant de leur faible efficacité : elles n’ont pas pu sortir les économies développéesde la crise, et la récession menace à nouveau en cette fin d’année 2011.
Il convient alors de se demander quels éléments ont pu pousser la BOE à prendre cette mesure qui semble aller contre l’opinion majoritaire ? La BOE a-t-elle commit une erreur, ou peut-elle se baser sur des éléments objectifs forts pour motiver sa décision ?
Nous verrons donc dans une première partie que les risques pesantsur le change et le budget britannique auraient pu conduire la BOE à plus de prudence : la cible d’inflation en particulier ne sera pas atteinte cette année. Nous détaillerons ensuite l’argumentaire de la BOE qui repose sur la faiblesse récurrente de l’activité, qui est liée à la trappe à la liquidité et à la faiblesse de la demande, et sur le caractère transitoire de l’inflation Britannique,surtout motivée par des facteurs externes.
I) Le Royaume-Uni semble devoir suivre un régime d’austérité à l’image des autres pays développés…

a. L’économie Britannique se ralentit, alors que le déficit budgétaire est important…
Le Gouvernement Cameron a joué à plein sur la doctrine de « l’austérité expansionniste » pour ramener le déficit budgétaire dans des proportions raisonnables. Mais lesstabilisateurs automatiques font quand même augmenter les dépenses de l’Etat de 1.1% sur le second trimestre.
Le Royaume-Uni est aujourd’hui plus endetté que l’Espagne
Et le PIB n’a cru que de 0.1% au second trimestre, alors que la consommation chutait de 0.6%

b. …Et que l’inflation est au dessus de l’objectif officiel de la BOE
L’inflation a été au dessus de 2% tout le long de l’année 2011,avec notamment une valeur de 4.5% en août. La BOE elle-même prévoit une hausse jusqu’à 5% sur le court terme.
De plus, les programmes passés n’ont pas pu sortir les économies de l’ornière, les agents préférant garder la liquidité injectée à des fins de désendettement. Il faut donc attendre que ce processus se termine avant que les agents réagissent à nouveau à la politique monétaire.

II) …Maisune vision plus globale de l’activité économique et de l’inflation suggère que cette nouvelle phase d’assouplissement quantitatif est légitime

a. Une économie en phase de contraction coincée dans la trappe à la liquidité…
L’économie Britannique se ralentit fortement, ce qui va avoir un impact négatif sur les rentrées fiscales : dès lors, monétiser le déficit est une bonne idée. De plus, le...
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