L'invention de soi, jc kaufmann

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  • Publié le : 15 juin 2011
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L’invention de soi, une théorie de l’identité partie 3 : Le social reformulé par l’identité Jean-Claude Kaufmann Collection Pluriel, Armand Colin, 2010

1 . Genre de l’ouvrage.

L’identité est un concept courant, traité dans plusieurs disciplines, comme la philosophie, la psychologie... Jean-Claude Kaufmann, sociologue français et directeur de recherche au CNRS, va ici l’étudier d’un pointde vue sociologique. Néanmoins L’invention de soi tient tout autant de l’essai philosophique que de l’enquête sociologique et se situe probablement à la frontière entre les deux. En effet, cet ouvrage ne s’appuie sur aucun enquête sociologique particulère mais tire ses sources des enquêtes réalisées par Kaufmann pour ses livres précédents. De plus, Kaufmann cite pami ses références (notamment dansla bibliographie de l’ouvrage) des sociologues, des philosophes mais aussi des penseurs d’autres disciplines, comme Levi-Strauss, anthropologue, ou Erikson, psychanalyste. C’est donc un point de vue global, totalisant, qu’adopte Kaufmann dans L’invention de soi.

2. Thème et thèse de l’ouvrage.

Jean-Claude Kaufmann s’intéresse au concept d’identité. Selon lui, l’identité est un instrumentconcret de l’activité ordinaire. Mais il commence par souligner que c’est un concept très rarement défini de façon explicite. À travers son ouvrage, il va montrer dans une première partie comment l’identité résulte d’un processus très précis, clairement délimité et strictement daté dans l’histoire. Selon lui, l’identité est intrinsèquement liée à l'individualisation et à la modernité. Si lesentiment de l'identité individuelle se diffuse progressivement dès le XIXe siècle, la première moitié du XXe siècle ne pose pas encore avec acuité la question de l'identité. Pour J.-C. Kaufmann, cette “première modernité” ne voit pas de “révolution des identités”, celles-ci viennent toujours « d'en-haut », c'est-à-dire des institutions. Les années 60 constitueraient un tournant : c'est désormais auxindividus, devenus les centres, de donner un sens à leur existence. Cette “seconde modernité” se caractérise selon l'auteur par la réflexivité accrue des individus, enjoints à tout questionner, à tout remettre en question, mais dans le même temps à être eux-mêmes. Après cette double injonction contradictoire, l'identité est précisément là pour “recoller les morceaux”. C’est alors que dans une deuxièmepartie l’auteur étudie les différentes caractéristiques et points de vue sur l’identité de cette “seconde modernité”. Est-ce à dire que les déterminismes sociaux ne jouent plus et que nous pouvons sans limite “nous inventer” ? JC Kaufmann va démontrer que cela n’est pas le cas dans la troisième partie de son ouvrage, partie que nous allons étudier plus en détails.

3. Structure et propos dutexte.

Jean-Claude Kaufmann montre donc dans la troisième partie intitulée “Le social reformulé par l’identité” que l’identité ne s’exprime pas de la même façon selon la position sociale occupée (“on n’est pas soi de la même manière selon que l’on est sans-abri ou PDG”). Elle n’est pas non plus une question privée : elle redéfinit l’ensemble de la question sociale. Quelles sont donc lesdifférentes modalités d’expression identitaire ? J.C.Kaufmann donne trois idéaltypes en reprenant le titre d’un livre d’A.Hirschman, Exit, Voice and Loyalty.

Le premier idéaltype qu’il décrit est intitulé “Voice. Les explosions identitaires”. Jean-Claude Kaufmann affirme que pour pouvoir s’inventer différent, il faut disposer de ressources qui peuvent être économiques (offrant un accès facile auxespaces, aux biens de consommation), sociales (réseau de relations) et/ou culturelles (qui ouvrent sur de nouveaux univers). Les rêves des soi possibles sont donc plus ou moins multiples selon le nombre de ressources disponibles. Or, selon lui, tout individu aspire à la totalité par chacune de ses identités. Quand le jeu d’identité est riche, les totalisations sont brèves. Quand il est limité, la...
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