L'ode de victor hugo

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L’ODE DE VICTOR HUGO SUR LE SUJET LITUANIEN: QUESTION DU GENRE Nijolė Vaičiulėnaitė- Kašelionienė (Université Pédagogique de Vilnius)

Notre but est de présenter une composition d’une œuvre originale à la base du folklore lituanien, ce qui est un fait rare (sinon unique) dans la littérature française du XIX siècle. Il s’agit d’une ode de Victor Hugo sur le sujet lituanien, publiée dans sonrecueil des Odes et Ballades de 1826. Nous essayons de révéler la genèse de ce fait et déceler le rôle de la chanson pour le système poétique de l’ode. Nous accentuons le problème du genre de la poésie de l’écrivain français en faisant ressortir son point de vue original sur la définition de l’ode et son développement. Nous supposons que le concept hugolien supporte bien l’épreuve du temps. En 1825Victor Hugo a composé une ode A une jeune fille dont il a pris pour épigraphe les mots d’une chanson lituanienne. Le poète a placé cette pièce dans la deuxième partie de ses Odes, dans le livre cinquième sous une marque « Ode Dix-septième »1. Il y en a vingt-quatre de poèmes dans cette dernière partie des Odes, et qui diffèrent de ceux placés dans quatre autres livres par leur inspiration et parleurs qualités du genre. Ce que montrent déjà les titres. Après les poèmes traitant les sujets historiques et politiques, comme : La Vendée, La Guerre d’Espagne, La Mort du duc de Berry, Les funérailles de Louis XVIII ou Le sacre de Charles X, célébrant les lieux illustres, comme: A l’Arc de triomphe de l’Etoile, A la Colonne de la place Vendôme, après les pièces consacrés aux personnages historiqueset/ou mythologiques, comme : Moïse sur le Nil, Le Géant, L’Antéchrist, Jéhovah ou à ceux que le poète considère dignes d’être immortalisés, comme: A mon père, Au colonel Gustaffson, A mon ami S.B. viennent les poésies exprimant les sentiments intimes, comme: Premier soupir, Regret, A toi, Le Cauchemar, manifestant une identité entre la nature et le « moi » du poète, comme Au Vallon de Chérizy, LeNuage, Le Matin, Paysage, à manière des romantiques anglais, dirait-on (comme par exemple l’Ode au vent d’ouest de Percy Shelley parue en 1819 ou l’Ode à un rossignol et l’Ode à l’automne de John Keats parues en 1820). Une telle composition du recueil de Victor Hugo montre une évolution du genre choisi : à partir de l’ode classique, oratoire et rhétorique – vers « l’ode personnelle et

1Victor Hugo, Oeuvres complètes, Bruxelles, Société Typographique Belge, Adolphe Wahlen et C-e, 1837, tome I, p.229.

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rêveuse », selon les mots de Sainte-Beuve2. On sait que Victor Hugo avait le point de vue original sur ses propres compositions appelés « odes » et « ballades ». Le poète élargit la définition de l’ode jusqu’à ce qu’elle est devenue incertaine. Ce n’est plus « un genrelittéraire aux règles presque aussi compliqués que celles du sonnet » (Raymond Queneau), basé sur le système tripartite comme dans la lyrique pindarique et se caractérisant par le haut style où selon Boileau tout doit être solennel et sublime, tenant à l’équilibre entre la raison et les sentiments, tandis que le folklore reste tabou… Dans la préface de 1826 de ses Odes et Ballades Victor Hugo déclare qu’il« continue à comprendre sous le titre d’Odes toute inspiration purement religieuse, toute étude purement antique, toute traduction d’événement contemporain ou d’une impression personnelle. » La définition de la ballade qu’il donne à côté est plus précise : « ce sont des esquisses d’un genre capricieux; tableaux, rêves, scènes, récits; légendes superstitieuses, traditions populaires (…) ». Laquestion se pose alors pourquoi la poésie inspirée par une vieille chanson traditionnelle dont il s’agit dans notre cas, n’a pas pris de forme de ballade. On sait que l’ode classique devait se prêter à la mise en musique, mais on l’utilisait contre la tradition « vulgaire » de la chanson3. Victor Hugo, voulait-il honorer le genre folklorique, le rendant digne d’attention du créateur des odes ? Le «...
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