L'odyssee

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L’Odyssée

« Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage »
J. du Bellay

On peut aborder l’Odyssée en cherchant à savoir comment cette oeuvre a été lue à travers le
temps. En effet, depuis l’Antiquité, elle a été admirée, commentée, mais aussi parodiée par
des auteurs qui nous ouvrent ainsi des perspectives intéressantes de lecture.
Voici quelques textes qui permettent uneréflexion sur différentes manières de lire l’Odyssée :

Textes anciens

Rencontre avec
Nausicaa
La pudeur d’Ulysse Saint Basile, Aux jeunes gens. Sur
l’utilité qu’ils peuvent retirer de la
lecture des lettres profanes
Rencontres dans les
Enfers
Où sont les Belles d’antan ?
La gloire d’Achille
Lucien, Dialogue des morts
Lucien, Dialogue des morts
Circé Circé et les animaux Plutarque,L’Intelligence des animaux
Le Cyclope Le Cyclope amoureux Théocrite, Idylle, XI
Textes modernes
Le Cyclope Giraudoux, Elpénor, Émile-Paul frères,
1926
Circé Petite Circé
Buzzati, Le K, R. Laffont, 1967
Giraudoux, Elpénor
Elpénor Giraudoux, Elpénor
Les Sirènes Giraudoux, Elpénor
Les Sirènes Orphée
Les Sirènes
Apollinaire, Le Bestiaire ou le Cortège
d’Orphée, 1911
Les Sirènes /
NausicaaL’homme qui a aimé les
Néréides
Marguerite Yourcenar, Nouvelles
orientales, Gallimard, 1963
Ithaque Constantin Kavafis, trad. M. Yourcenar
et J. Lacarrière
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Les lectures des Anciens

Les lectures des Anciens sont conformes à l’idée que nous nous faisons de l’utilisation
« morale » des oeuvres homériques. L’Iliade et l’Odyssée ont servi en effet pour la formation
intellectuelle et surtoutmorale des enfants, comme le rappelle Protagoras dans son discours
sur l’éducation (Platon, Protagoras, 326 a) :

« Lorsque les enfants apprennent les lettres, et sont en état de comprendre les écrits, comme
auparavant les discours, ils leur donnent à lire sur les bancs, et les obligent d’apprendre par
coeur les vers des bons poètes, où se trouvent quantité de préceptes, de détailsinstructifs, de
louanges et d’éloges des grands hommes des siècles passés […]. »
Le texte le plus connu qui illustre cette manière de « lire Homère » est peut-être celui de saint
Basile (329-379), qui souligne l’attitude digne du héros lors de sa rencontre avec Nausicaa :
ce n’est pas alors le tableau charmant des jeunes femmes se divertissant, ni l’habileté d’Ulysse
à composer le discours par lequelil s’attire la bienveillance de la jeune fille que retient
l’homme d’Église, mais la pudeur du héros. Il tire sa réflexion de cette courte notation qui
nous fait voir Ulysse prenant quelques branches pour voiler sa nudité (Odyssée, VI, 128-
129) :
D’autres auteurs proposent une lecture morale de l’Odyssée. Ainsi Lucien de Samosate (120-
180), dans ses Dialogues des morts, reprend deux passagesde l’Odyssée, dont il tire une
réflexion philosophique. Grand connaisseur des oeuvres antiques, il utilise toutes les
ressources du texte homérique pour développer sa propre pensée. Le premier extrait est
célèbre ; reprenant une partie du chant XI (v. 235 et suivants) dans lequel le héros énumère
les « belles dames » qu’il a rencontrées dans le royaume d’Hadès, il nous invite à uneméditation sur le caractère éphémère des valeurs humaines que sont la gloire et la beauté. Le
poète François Villon reprendra de façon admirable ce thème dans sa « Ballade des dames du
temps jadis ».
Mais Lucien avait aussi bien compris l’un des changements les plus profonds qui intervient
dans l’Odyssée. Le second extrait nous propose un développement du passage si important
où l’on s’étonnequ’Achille ne se réjouisse pas d’être « le premier entre les Morts », mais
déclare qu’il préférerait être un pauvre journalier vivant, plutôt que le premier parmi les
Morts (Odyssée, XI, 488 et suivants). L’Iliade, dont le héros central est Achille, proposait une
morale guerrière ; c’était le kléos, « la gloire », que recherchait le héros. Achille a préféré
mourir jeune dans la gloire plutôt...
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