L'oeuvre de l'artiste

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 7 (1571 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 26 septembre 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Français
Dissertation

Sujet : Pensez-vous que, d’une manière ou d’une autre, l’œuvre de l’artiste, ou de l’écrivain engagé est nécessairement violente, tant par l’impression qu’elle exerce que par l’expérience du monde qu’elle essaye de traduire ?


Le Siècle des lumières connait beaucoup de littérature engagée avec des grands écrivains français tels que Voltaire, Montesquieu, Rousseau…Le texte ou toutes autres œuvres engagés ont une volonté de dénoncer. Mais l’engagement peut avoir un excès polémique dans son envie d’attaquer ses adversaires. Plusieurs questions se posent alors : la violence est-elle une obligation pour qu’une œuvre engagée soit efficace ? En quoi la violence peut être alors utile à l’engagement ? Comment un artiste peut alors s’engager sans violence ? Nousallons voir dans un premier temps la violence dans les propos et dans l’expérience traduite par l’artiste dans son œuvre. Puis dans un deuxième temps, nous verrons comment une œuvre peut être efficace sans violence.

Tout d’abord, une œuvre peut se montrer très efficace en étant violente dans ses propos ou ses images. En effet, le locuteur fait réagir le lecteur en le provoquant. Le pamphlet est untrès bon exemple dans la mesure où c’est un court texte engagé et violent. Ainsi, Declerk met en scène ses émotions et exprime sa colère dans son pamphlet, Le Sang nouveau est arrivé, où il fait la satire du jeu télévisé. Il en vient alors à insulter finalement le lecteur de « Ducon » grâce à la double énonciation : mot prononcé par le personnage à l’animateur, mais l’insulte est aussidestinée au lecteur de la part de l’écrivain pour mettre fin au débat. Celui qui lit est rabaissé et se sent alors concerné. Il se laisse ainsi plus facilement persuader par l’auteur. De même, le pamphlet Discours de la servitude volontaire de la Boetie est un discours très violent dans ses idées, contre la monarchie et l’aristocratie, ce qui s’oppose totalement aux idées de l’époque du 16ème siècle. Nouspouvons donner comme autre exemple un extrait de la lettre de Diderot à Sophie Volland sur l’Encyclopédie où des mots forts tels que « tyran », « oppresseurs », « intolérants »… montrent explicitement la colère de celui qui écrit. C’est la violence de certains textes qui va provoquer le lecteur qui va ainsi se sentir concerné. Cela montre donc bien en partie l’efficacité de la violence dans untexte engagée.
L’œuvre engagée, voulant traduire une expérience humaine, va essayer de faire ressentir au lecteur ce que l’artiste a pu lui même ressentir auparavant. Nous pouvons prendre comme exemple le film Le pianiste de Roman Polanski, adapté du roman auto-biographique de Wladyslaw Szpilman. Ce film retrace l’histoire de ce dernier lors de la seconde guerre mondiale, un pianiste juif quiréussit à survivre grâce à la musique. Polanski a choisit de montrer des scènes particulièrement rudes du nazisme pour que le public s’imagine l’horreur qu’a été cette guerre. Il ressent ainsi plusieurs sentiments : de la pitié envers les juifs, de la colère envers les nazis, ainsi qu’un grand sentiment d’injustice. Par ailleurs, le producteur a lui-même connu la guerre étant petit et le film estl’adaptation d’un autobiographie. Par conséquent, Le pianiste exprime au public une impression très réaliste, ce qui lui révèle la grande cruauté qu’ont subit les juifs. De même dans le roman Si c’est un homme de Primo Levi. Dans la préface, il annonce ce que son livre relate, la façon dont il a vécu sa déportation en camp de concentration. La simplicité de son style rend d’autant plus cruels les faitsqui se sont déroulés. Pour lui, l’écriture de ce livre, qui était déjà écrit dans sa tête lorsqu’il a vécu dans les camps, est comme un besoin et une « libération intérieure ». Ses propos sortiront alors sûrement démesurés et terribles pour montrer ce qu’il a pu vivre. Il ajoute même que sa rédaction s’est faite par « ordre d’urgence », ce qui était très imposant dans la tête de l’auteur....
tracking img