L'olive, du bellay

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  • Publié le : 6 juin 2011
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La poésie est née dans la Grèce Antique. Cet art du langage utilise les figures de style (métaphores, comparaisons,…) pour traduire un sentiment, une idée. Du Bellay, grand poète français du XVIème siècle, faisait partie de la Pléiade, regroupement de sept poètes du XVIème s., dont son ami Ronsard. Dans son sonnet L’Olive, il nous livre sa réaction face au sentiment amoureux.
Quellesconséquences a l’amour sur la vie de l’auteur ?
Nous verrons tout d’abord que du Bellay nous présente l’amour comme un sentiment empreint de dualité. Puis nous étudierons la souffrance ressentie par l’auteur.

I. Amour : souffrance / plaisir

L’interjection « Madame » nous fait comprendre dès le début que le poème qui va suivre s’adresse à une femme, et nous pouvons donc nous attendre à un poèmed’amour. Nous constatons que le champ lexical de la douleur est omniprésent (« brûle » ; « plaie » ; « dure »), auquel vient s’ajouter un champ lexical totalement opposé, celui du plaisir (« j’aime » ; « plaisir » ; « heur »). Ces deux champs lexicaux en temps normal antagonistes sont ici rassemblés par l’auteur, et servent à traduire les émotions contradictoires que lui procure le sentiment amoureux.L’auteur est prisonnier de l’amour, à plusieurs niveaux. Il est d’abord prisonnier de l’objet de ses désirs, la femme aimée. L’emploi de l’adjectif mélioratif « or » à la place de blond pour décrire ses cheveux dans la première strophe nous montre que l’auteur est subjugué par la beauté de la femme qu’il aime. Son regard est celui d’un homme amoureux : il l’a décrit en des termes élogieux. Ce sont cesmêmes cheveux, cette même beauté, qui le retient prisonnier. Ainsi les décrit-il comme « des liens » lui dérobant sa liberté, le réduisant en esclavage. Mais ce ne sont pas seulement ses cheveux qui sont décrits comme faisant naître le désir. Un autre attribut féminin est mis en avant : les yeux. Ceux-ci sont comparés à des « traits », qui auraient transpercés le cœur de l’auteur. Ce terme detrait peut faire penser à une flèche qui aurait atteint l’auteur en plein cœur, la flèche de Cupidon peut-être. De plus, l’allitération en « tr » (« trait transparent »), dure à l’oreille, traduit la dureté de l’action, le mal ressenti par le poète à cause de cette flèche. Ensuite, l’auteur est prisonnier du sentiment amoureux lui-même. Au vers deux, le terme « premier » laisse penser que le poèteest amoureux pour la première fois, et est donc peut-être plus sensible à ce tout nouveau sentiment. L’amour est représenté par la métaphore de la flamme, qui « brûle » le poète. Ici, on ne sait si l’on doit considérer cette flamme comme un plaisir ou comme une souffrance. La force des liens qui le retient prisonnier et la force de l’amour qui agit sur lui sont mises en exergue par les adjectifsqualificatifs. Ainsi, « forts sont les nœuds », « âpre et vive est la flamme ». L’inversion adjectif-sujet appuie sur les adjectifs et fait ressentir ce sentiment de puissance. L’auteur est prisonnier de l’amour et ne peut y échapper.
L’auteur ne peut rien faire face au pouvoir de l’amour. L’expression « liberté surprise » donne l’impression que le poète a été pris au dépourvu par l’amour, qu’il nes’attendait pas à tomber amoureux, mais qu’une fois le sentiment installé, rien ne peut le supprimer. L’adjectif « surprise » montre le caractère imprévisible de l’amour, qui peut toucher n’importe qui à n’importe quel moment, et donne un caractère universel au sentiment. Cet adjectif donne par ailleurs l’impression d’une passivité chez l’auteur, qui est victime de l’amour, contrairement à unevision active de la femme : c’est elle qui fait naître le sentiment amoureux, et l’expression « bien apprise » laisse penser que ce n’est pas la première fois qu’elle fait naître ce sentiment chez un homme. L’amour gagne ainsi en force, c’est lui qui régit la vie de l’auteur. Il transcende aussi le monde des hommes : on passe du terme « cœur » (siège du sentiment amoureux dans l’univers...
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