L'optimisme dans candide

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  • Publié le : 29 novembre 2011
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D. Candide ou l’optimisme

1. Introduction
En 1736, Voltaire avait écrit Le mondain, un poème qui vantait les progrès et la civilisation du XVIIIe siècle. « Le paradis terrestre est où je suis », affirmait-il alors, pleinement heureux à Cirey, intellectuellement et affectivement, avec Mme du Châtelet. Vingt ans plus tard, Emilie décédée, revenu en catastrophe de Postdam et sesrelations avec le roi Frédéric II au plus froid, Voltaire est exilé, persona non grata à la cour, persécuté par ses ennemis. Depuis son domaine des Délices, à Genève, il s’informe des drames de la guerre de Sept ans entre la France et la Prusse ainsi que du terrible tremblement de terre de Lisbonne. Son « optimisme » est, en quelque sorte, éteint.
Avec Candide (1759), Voltaire nous invite àréfléchir sur la vie et ses aléas, sur l’homme et ce qui l’anime, sur les valeurs qui nous font vivre. Pour donner un sens à son existence, l'homme doit garder l’espoir. La vie malgré tous ses maux vaut la peine d'être vécue. Mais ce conte, Voltaire n’apporte pas qu’une leçon de sagesse : il y dénonce, avec virulence et passion, l'injustice et l'intolérance et tous ceux qui les pratiquent. Car si tout, audébut de Candide, laisse penser qu'il s'agit d'un conte divertissant, on s'aperçoit rapidement qu'en réalité le roman est dénonciateur et veut transmettre un message philosophique. La critique qu'il contient est sévère et atteint de nombreuses cibles. Il y a d'abord la philosophie de l' « optimisme » (cf. le sous-titre du conte), puis certaines institutions, la religion, l'intolérance et lasuperstition, les préjugés. Le domaine visé est large. Cette critique rejoint celle que mènent certains autres philosophes (en particulier Montesquieu : Lettres persanes, Esprit des lois).
Le problème de l'existence du Mal est au coeur des préoccupations philosophiques de Voltaire. Les principales thèses en présence au XVIIIe siècle sont l' « optimisme » et le « pessimisme ». Le débat sur le Malporte sur l'existence de phénomènes naturels (la maladie, la mort, les cataclysmes naturels) et d'actions humaines (les vices, l'injustice, la guerre) qui s'opposent au bonheur individuel et collectif des hommes. Le problème est de concilier ce Mal physique et moral avec la croyance en un Dieu suprême et bon, créateur de l'univers. Comment accepter l'idée qu'un tel Dieu soit responsable du Mal ?Comment accepter, également, que le Mal frappe des hommes vertueux et épargne ceux qui se livrent aux vices ou à la cruauté ? Candide, avec d’autres contes voltairiens, se fait de façon particulière l'écho de ces interrogations.
Dans Candide, l' « optimisme » de Pangloss, le « pessimisme » de Martin et la candeur de Candide sont donc confrontés à la réalité du Mal (malheurs humains causés parla nature, les coutumes, les institutions, l'état social, le fanatisme, la stupidité, l'avidité, les vices, les passions, les faiblesses des hommes, etc.). Voltaire y dénonce (chap.) :
|-|Château de Thunder-ten-tronckh : le dogme "tout est au mieux" et la suffisance (1) |
|-|Allemagne : recrutement forcé (2) + guerre (3)|
|-|Hollande : vérole (4) |
|-|Lisbonne : catastrophes naturelles - tempête + tremblement de terre (5) |
|-|Lisbonne : Inquisition (6)|
|-|En mer - récit de la vieille : guerre civile - "rage des femmes" - peste - guerre (11-12) |
|-|Buenos-Aires : les abus du pouvoir (13) |
|-|Paraguay : l'oppression paternaliste (14)...
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