L'ordre politique exclut-il la violence ?

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  • Publié le : 4 novembre 2009
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L’ordre politique est une notion assez floue qui semble désigner les instances et les institutions politiques, c'est-à-dire les instances qui gèrent la vie de la cité. Il paraît être ce qui incarne la politique dans une société donnée, l’organisation des instances et institutions politiques. L’ordre politique des sociétés modernes occidentales serait donc assimilable à l’Etat, ensemble desstructures politiques organisant la polis.

L’Etat exclut-il la violence ? C'est-à-dire expulse-t-il, est-il incompatible, n’admet-il pas la violence ? La violence est un ensemble de phénomènes caractérisés par leur brutalité et l’exercice de la force à l’encontre de soi ou de tiers. Ainsi, on peut se faire violence à soi-même, se contraindre, s’imposer des contraintes face à ses envies ou faireviolence, contraindre quelqu'un par la force ou le brutaliser.

L’Etat, la présence d’instances politiques, n’apparaissent pas incompatibles avec la violence. En effet, celle-ci est courante dans la cité, sur son territoire. Ainsi, même dans le cadre de la démocratie athénienne, la violence n’est pas éradiquée puisque Socrate est injustement mis à mort par ses concitoyens. De plus, toutes sortesd’actes brutaux comme le vol, le viol, le meurtre, sont encore d’actualité dans nos sociétés. Cependant, l’ordre politique, l’Etat, en instaurant le règne de la loi, semble exclure la violence et les murs de la cité ont pour rôle de lui faire rempart. Ainsi, met-il fin à la contrainte des plus forts sur les plus faibles s’exerçant dans l’état de nature. En outre, l’Etat a pour objectif de permettre lavie collective et donc de pacifier les relations humaines. Toutefois, la barbarie étant inhérente à l’homme, et si l’on ne peut l’exclure de l’homme même par la civilisation, l’éducation, peut-on la soustraire de la société ? Plus que d’exclure la violence, l’ordre politique paraît d’une part l’incarner, d’autre part, en la réglementant la réduire et la canaliser.L’ordre politique, assimilable bien souvent à l’Etat, n’exclut pas la violence. En effet, la brutalité n’est pas éradiquée de nos sociétés. De plus, l’Etat fait violence à l’homme, qui doit annihiler sa liberté naturelle et donc se faire violence en réduisant l’assouvissement irréfléchi de ses passions. Si l’ordre politique n’exclut pas la violence, c’est parce qu'il il est lui-même violent. Ainsi, ilpeut violer les droits d’un individu, il peut instaurer l’inégalité et être la cause de guerres et donc parfois à l’origine de la barbarie.

La présence d’institutions à caractère politique - c'est-à-dire visant à permettre, organiser, gérer la vie en société tels la justice, les ministères -, ne mettent pas fin à la brutalité. Ainsi, même si le but de l’Etat démocratique est de réduire lesinjustices, c’est sous le régime démocratique d’Athènes que Socrate fut condamné injustement à mort. Or, une peine injuste fait violence à l’individu qui la subit d’autant plus si, comme c’est le cas ici, c’est la majorité, c'est-à-dire la force qui l’impose et non la loi, expression de l’intérêt général. Aujourd’hui, la perpétration d’actes criminels, et même leur augmentation dans certains Etatseuropéens, montre bien que l’ordre politique n’évince pas la brutalité. De plus, l’Etat, ses structures, peuvent permettre la mise en œuvre d’actes barbares, à grande échelle. Ainsi, le nazisme s’est fondé sur un « ordre » politique pour imposer un Etat barbare, totalitaire.

Si l’ordre politique n’exclut pas la violence, c’est aussi parce qu’il fait violence aux hommes. Lorsque l’individu entreen société, il doit annihiler sa liberté naturelle. Il doit donc se faire violence, se contraindre, par exemple s’interdire d’assouvir toutes ses envies. De plus, l’ordre politique n’est-il pas le fondement des inégalités ? En effet, l’Etat reconnaît la propriété et met ainsi fin à l’égalité des hommes, comme le souligne Rousseau dans Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité...
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