L albatros

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  • Publié le : 1 avril 2011
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Explication « L’Albatros », Les Fleurs du mal, Baudelaire, 1857-1861
Introduction
Dans les éditions de 1857, six poèmes ont été condamnés : « Lesbos » ; « Les Bijoux » ; « A celle qui est trop gaie » ; « Femmes damnées » ; « Les métamorphoses du vampire » et « Le Léthé ». En 1861, on remarque l’ajout de 32 poèmes et surtout l’apparition de la section des tableaux parisiens. Le poème «L’Albatros » présente une analogie avec le poème parnassien du poète Théophile Gautier : « Le pain des landes » car il comporte la même structure et la même distribution (3/1) : trois strophes dédiées à l’oiseau et la dernière dévolue au poète. Le poème a été composé à deux époques différentes : trois strophes en 1842, et la troisième (parmi les quatre actuelles) en 1859. La structure du poème dessine un unesorte de chiasme temporel. En effet, les strophes deux et trois relatent une simple anecdote alors que le poème exprime une loi éternelle dans les strophes 1 et 4. C’est donc l’apparition de la troisième strophe en 1859 qui vient apporter un équilibre à l’ensemble qui comporte désormais deux strophes au pluriel et deux au singulier. Cette symétrie prépare le traitement allégorique. On découvre,au-delà de l’anecdote, la signification symbolique du poème, qui trouve sa source dans le malaise de l’écrivain, rejeté pour sa puissance novatrice.

I/ Une scène habituelle de la vie maritime
Les indices temporels : « souvent » (v 1) et « à peine » (v 5) indiquent qu’il s’agit d’une scène répétitive. Cette scène s’organise par rapport à un passé, mentionné par l’opposition du vers 10 : « Lui,naguère si beau, qu’il est comique et laid ! ». 1°) Le décor Il est planté dès la première strophe par des généralités qui s’expriment dans l’emploi du pluriel : « les hommes d’équipage » ; « des albatros, vastes oiseaux des mers ». Le déterminant « des » indique qu’il s’agit d’un choix fortuit1 et le pluriel : « les gouffres amers » semble introduire une notation dramatique, renforcée par la rime« mer » / « amer ». La première strophe présente une scène ordinaire de la vie maritime. Or, on remarque l’opposition qui s’introduit entre le monde de la nature et celui des hommes. 2°) Un univers contrasté Les marins sont peu caractérisés car ils représentent plus des fonctions que des individus, voir une masse indistincte car ils sont désignés par des pronoms indéfinis, comme en témoignent lesvers 11 et 12. En fait, ce sont les attributs, notamment le « brûle-gueule », mentionné au vers 11, ou le comportement, précisé au vers 12 : « L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait ! » qui manifeste la grossièreté du personnage. Baudelaire reprend une opposition traditionnelle entre les animaux et les hommes pour procéder à une inversion. On remarque que c’est l’animal qui est valorisé parl’emploi de périphrases élogieuses : « ces rois de l’azur » (v 6) ; « Ce voyageur ailé » (v 9) ; « prince des
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Qui se produit par hasard, de manière imprévue.

nuées » (v 13). L’auteur reprend les stéréotypes habituels, à savoir les rangs prestigieux « roi » et « prince », mais aussi les repères habituels de l’élévation : l’azur et les nuées. Dans la même perspective, le poète insiste surla métamorphose de l’oiseau et la dégradation qui l’affecte par une caractérisation péjorative, que l’on retrouve au vers 6 : « maladroits et honteux » ; vers 10 : « comique, et laid » ainsi qu’avec le substantif « infirme » au vers 12. Le système d’opposition souligne dès lors un contraste entre le passé glorieux et le présent misérable. On note une opposition des termes entre les vers 7 et 8 :« grandes ailes blanches » ; « laisser piteusement ». De même, l’imparfait du vers 12 souligne le contraste absolu : « l’infirme qui volait ». Le champ lexical de l’envol définit l’envergure symbolique de l’oiseau, qui devient une figure du poète.

II/ Le traitement allégorique
Il est présenté explicitement au vers 13 par une comparaison : « Le Poète est semblable au prince des nuées »....
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