L amant marguerite duras

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  • Publié le : 9 juin 2011
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Marguerite Duras , l'Amant -1987

-la scene de la rencontre-

Née en Indochine Marguerite Duras évoque dans l'Amant , l'amant chinois qui la séduit dans sa première jeunesse(elle avait 15 ans et demie). Pour la première fois , elle aborde une rencontre déterminante dans son existence alors même que dans touts les textes sur son enfance ,sur sa vie, pourtant fortement répétitifs, elle n'ajamais évoqué la figure de cet amant , riche et élégant. En 1984 elle estime que le temps est venu d'évoquer cette expérience déterminante, cette hantise fondamentale sur laquelle l'influence de la mère faisait planer un tabou formidable.
Cette aventure avec le chinois aura cependant , déterminé en elle un certain mode d'aimer , d'évoquer l'amour et la fascination. L'autobiographie apparaît alorscomme une libération mais aussi ,sans doute ,le prétexte d'une trahison.
I Au tout début de l'Amant, Marguerite Duras évoque la journée ou au retour des vacances passées auprès de sa mère , elle rentre au pensionnat ,à Saigon. Elle se revoit à quinze ans et demie:elle emprunte le bac. Mais, une fois posée la situation spacio - temporelle , l'auteur semble différer l'apparition de son futuramant celui qu'elle appelle le Chinois. Dans le texte proposé , elle rapporte leur première entrevue avec sobriété .À la première approche (premier paragraphe), succède la transcription d'un dialogue qui perdure dans le souvenir , intact.
Nous analyserons d'abord les modalités de la description, puis l'intensité dramatique du récit et, enfin, le caractère fantasmatique de cette scène.
La volontéde distanciation dicte le choix de la troisième personne du singulier. Alors que l'évocation précédente suscitait l'emploi de la première personne du singulier, la rencontre avec l'amant introduit une sorte de rupture solennelle: Marguerite Duras cherche à faire taire sa propre voix pour laisser exister ,une fois encore la jeune fille qu'elle fut. Elle se laisse vivre au travers du regard del'amant: il reprend les éléments objectifs qui avaient donné lieu à des plus amples explications dans les pages précédentes. Il semble comme justifier le bizarre accoutrement de la jeune fille bien qu'il soit difficile de démêler à qui renvoie le C'est visible.
Néanmoins , les descriptions , symboliques, ne retiennent que le détail signifiant, émouvant. C'est surtout leur rythme qui leur confèrecette densité émotionnelle :le discours s'amenuise ,devient tellement ténu qu'il semble capter le souffle de celle qui se souvient,dont le coeur bat encore et qui imprime le mouvement de sa respiration à son texte ,un rythme binaire : L'homme élégant...1 / il fume ...2 : il regarde la jeune fille au feutre d'homme 1/ Et aux chaussures d'or 2. Puis le récit suit les évolutions du personnage réduità sa silhouette , le mouvement de sa main, son regard, son pas lent. Quand il perd l'initiative, le rythme binaire réapparaît: elle regarde 1/ Elle lui demande qui il est 2/ . La prose se fait poétique et musicale.
Le souvenir semble effacer tout autre indice que les éléments révélateurs de personnalités secrètes. Dans un récit qui restitue un souffle intérieur, les personnages ne sauraientêtre décrits avec une précision qui les transformeraient en objet du souvenir. C'est au travers de leurs actes que s'effectue le révélation de leur vérité profonde. L'amant apparaît comme un être sensible non pas parce que Marguerite Duras explicite sa psychologie mais parce que chacun de ses gestes révèle son trouble, cette agitation secrète qui trahit son désir. Sa main tremble. Maisl'explication qui suit demeure insuffisante : il;est clair que la confusion de l'amant ne résulte pas seulement de la différence de race. Son trouble, son bégaiement , sa gaucherie révèlent sa fascination tout autant que sa pudeur. La jeune fille apparaît comme totalement étrangère à toute autre loi que la sienne. Elle le regarde avec franchise, sans coquetterie: elle s'adresse à lui avec la netteté...
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