L art poetique

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  • Publié le : 7 octobre 2010
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Joie et cruauté

Maupassant publie sa nouvelle « Une Partie de campagne » en 1881, dans « La Maison Tellier », recueil dont le titre est aussi celui d'une des nouvelles qui le composent. Il s'agitd'un récit à pôle double, puisqu'il conjugue la beauté de la vie à sa laideur, jusqu'à les rendre indissociables. La description initiale, qui accompagne le cheminement d'une famille de Parisiensendimanchés, et épouse leur regard, fait se succéder ces deux pôles contradictoires :

« Le soleil commençait à brûler les visages ; la poussière emplissait les yeux continuellement, et, des deux côtésde la route, se développait une campagne interminablement nue, sale et puante. On eût dit qu'une lèpre l'avait ravagée, qui rongeait jusqu'aux maisons, car des squelettes de bâtiments défoncés etabandonnés, ou bien des petites cabanes inachevées faute de paiement aux entrepreneurs, tendaient leurs quatre murs sans toit.
De loin en loin, poussaient dans le sol stérile de longues cheminées defabriques, seule végétation de ces champs putrides où la brise du printemps promenait un parfum de pétrole et de schiste mêlé à une autre odeur moins agréable encore.
Enfin, on avait traversé la Seineune seconde fois, et, sur le pont, ç'avait été un ravissement. La rivière éclatait de lumière ; une buée s'en élevait, pompée par le soleil, et l'on éprouvait une quiétude douce, un rafraîchissementbienfaisant à respirer enfin un air plus pur qui n'avait point balayé la fumée noire des usines ou les miasmes des dépotoirs. »

Une interprétation purement dualiste serait la plus simple : à l'horreurde la ville, de la culture, s'opposerait la beauté de la nature. Cette opposition serait aisément confirmée non seulement par l'incipit, mais aussi par la fin de la nouvelle, ou par la comparaisonentre les corps désirables des canotiers et les « laideurs secrètes » du quincaillier parisien, M. Dufour (« Mme Dufour, plus hardie, sollicitée par une curiosité féminine qui était peut-être du...
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