L ile des esclaves

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  • Publié le : 27 juin 2010
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La scène 6 est le cœur de la pièce, elle ouvre la 2ème phase, elle met aussi en place des 4 héros. Arlequin et Cléanthis ont donc échangé d’identité avec Iphicrate et Euphrosine qui se résignent de mauvaise grâce à subir la tyrannie de leurs anciens valets qui profitent du renversement de la situation pour se venger. Ils se font donc un plaisir d’offrir à leurs maîtres le spectacle ridicule del’une de ces scènes galantes auxquelles ils ont si souvent assisté. Marivaux met donc en scène une nouvelle fois du théâtre dans le théâtre. C’est une réflexion sur les condition d’exercice de la parole dans la société et dans le théâtre.

Plan:

I-La mise en abyme
1)Le jeu en abyme
2)La transformation en personnes acteur
II-L’analyse de la parodie
1)L’importance du champ lexical du dire2)Une parole d’imitation
III-La critique sociale : leçon politique et morale
1)La place des serviteurs
2)L’image des maîtres

Dévelopement du Plan:

I-La mise en abyme

Pièce dans la pièce : les 2 valets font jouer une scène de marivaudage (déclaration d’amour).

1)Le jeu en abyme

Les 2 valets plantent le décor : sièges, mouvement, mise en scène.
-Délimitation del’espace scénique : ils font reculer les spectateurs donc les maîtres.
-« Arlequin vite des sièges… ». Il a une seule réplique d’Iphicrate → tutoiement, noms, habits, armes ont changé mais pas le langage. Marivaux fait le choix de l’exécution = mise en scène. Il n’y a pas de didascalies, est-ce que cela montre de la docilité ? Il n’y a aucune infos.
→ Cléanthis « tenez, tenez, promenons-nous »
-L’intrigue de la scène est donnée « vous ferez tomber l’entretien sur le penchant… ».
-La conduite de cette intrigue va être menée par Cléanthis, elle utilise les impératifs (« procédons noblement…n’épargnez ni »).
Arlequin ne donne que des ordres à la 3ème personne (« qu’on se retire… »)

2)La transformation en personnes acteur

-« nous sommes d’honnêtes gens » dit Cléanthis. Il n’est plusquestion de familiarité domestique. Cléanthis entérine la situation (elle fait vraiment comme si elle était vraiment Euphrosine).
-Arlequin entre dans la peau de son personnage de façon plus nette par la transformation du langage. Il appelle Cléanthis « Madame » et Iphicrate est Arlequin.
-Le champ lexical du jeu : les mines, les bouffonneries sont transmises à travers Arlequin qui est unecassure. Il joue mal : il s’applaudit lui-même, il est à la fois acteur et spectateur.
Cléanthis le reprend, il casse l’illusion (« oh vous riez, vous gâtez tout »). Son rôle lui plait, elle montre donc son énervement.
 Arlequin et Cléanthis vont tendre un miroir aux maîtres qui sont témoins muets, ils vont user de l’arme des maîtres : la parole.

II-L’analyse de la parodie

1)L’importancedu champ lexical du dire

« demander, confessé, parlons, conversation, disions, discours, ordonnance, conversant, entretien, compliments, dire, persuadez, mot, mot à lui dire, conseillez-lui, appeler, parlerez, parlez-lui, dite un mot, vantez, elle appelle »
 On ne parle que de la parole, de son usage. Le parler des maîtres c’est rapporter ce qu’ils ont dit, devenir maître c’est parler,s’approprier les conditions d’exercices de la parole qu’on prête aux maîtres.
Ne parlent pas de façon vraie d’eux- même. A et C sont pervertis par leur nouvel état et par leur titre (« seigneur, Demoiselle, Madame).
 Les 2 maîtres vont assister à la contrefaçon de leurs propres mœurs = humiliation.

2)Une parole d’imitation

-emploi du langage précieux (renvoie aux « Précieuses Ridicules » deMolière) : compliments, révérences, grâces, douceurs, plaisirs, tendre, galant, des clichés qui vontaimable, poliment, adroitement, noblement jusqu’à la caricature et au comique de geste (jeux de visage et agenouillement). Arlequin fait un mauvais jeu de mot avec tendre.
-emploi du pluriel qui marquent les excès (« faire ses diligences », « écoutez les discours des galants »).
...
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