Aldo naouri relation mères filles

Pages: 16 (3907 mots) Publié le: 12 mai 2011
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Les filles et leurs mères (derniers développements)
Lyon : Colloque Réel : Mère et fille 10/02/07 Aldo Naouri

Un parcours Mon travail autour du thème des filles et leurs mères s’est inscrit dans le droit fil d’une entreprise qui était déjà en cours depuis de nombreuses années, et qui se poursuit d’ailleurs encore. Cette entreprise est celle du pédiatre que je n’ai jamais cessé d’être. Lespectacle répétitif du bonheur des jeunes parents me conduisant leurs nouveaux-nés n’a en effet jamais cessé de me plonger dans un état d’émerveillement, lequel serait sans doute parvenu à me combler s’il n’était régulièrement accompagné d’un endolorissement à sa mesure. Je me suis, très tôt et toujours, demandé pourquoi il fallait que ces nouveaux-nés, dotés d’autant de potentialités et placéssous des auspices aussi favorables, soient d’emblée condamnés aux difficultés qu’ils allaient immanquablement rencontrer. « …Comme vous le voulez, de toutes les manières, ce sera mal ! » À défaut de me fournir une consolation, la fameuse sentence freudienne sur la manière d’élever les enfants prétendait me donner LA réponse, … Sans doute aurais-je dû m’en contenter, penserez vous. Et peut-êtreiriez-vous même jusqu’à imaginer que l’insistance de ma question doit être enracinée dans ma propre histoire. Vous n’auriez pas tout à fait tort – parle-t-on autrement que de soi ? Mais vous n’auriez raison qu’en partie. Car, dans le même registre, j’ai entendu une autre sentence, au moins aussi respectable, de la bouche d’un autre psychanalyste, Michael Balint – qui venait diriger notre groupe dansles années 70 : « La santé des enfants, disait-il, se construit dans le lit des parents. » Ça m’a beaucoup parlé. Et voilà un aveu qui devrait vous permettre de gamberger plus encore. Je signalerai cependant que si cette seconde sentence m’a encouragé à reprendre ma question, elle m’a en même temps imposé de me doter des moyens susceptibles de vérifier les bribes de réponses que je pourraisrecueillir. J’ai donc entrepris un parcours psychanalytique et je me suis formé aux sciences humaines qui me semblaient connexes de ce nouveau champ d’exploration. Ma pratique en fut profondément modifié. Un peu plus que de cette manière « minime quoique considérable » que visait Michael Balint quand il cherchait à modifier l’attitude des médecins face à leurs patients.

2 Je me suis mis alors àécrire. Assez benoîtement je le confesse, tant j’étais assuré d’avoir enfin trouvé les arguments, les bons arguments, que chacun attendait et dont il pouvait vérifier, preuves cliniques à l’appui, la pertinence. J’ai, par exemple, méticuleusement démontré qu’il fallait impérativement, autour de l’enfant, « une place pour le père » ! La violence avec laquelle a été rejeté l’ouvrage que j’ai publié sousce titre a douché mon enthousiasme. Elle me conduira néanmoins à me pencher, avec le suivant « Parier sur l’enfant », sur les causes qui, du côté du champ social, pouvaient souhaiter voir définitivement disparaître l’instance paternelle de l’univers familial. Ce fut un flop ! J’ai alors renoncé à aller plus loin. Tout en vérifiant régulièrement cependant, dans mon travail clinique, aussi bien lavalidité de mon approche que celle de l’aphorisme de Balint ! Il en a été ainsi jusqu’au jour où est survenu un événement tout à fait inattendu. Nous étions six confrères chargés de former, en trois jours à la relation aux patients, 150 pédiatres venus de France entière. À la fin de la session, pour permettre même aux timorés de s’exprimer, nous avons demandé à l’ensemble des congressistes de nousposer par écrit les questions qui leur venait à l’esprit. Quelle ne fut pas notre surprise de voir, sur près de 130 des bulletins, revenir la même question, formulée dans exactement les mêmes termes : « Faut-il tuer les grands-mères ? » Ces confrères, hommes et femmes, pédiatres de base, en principe sans formation particulière, butaient tous, semblait-il, sur une difficulté si grande qu’ils...
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