Analyse La Petite Fille Qui AImait Trop les Alumettes

Pages: 18 (4272 mots) Publié le: 27 novembre 2014
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La petite fille qui aimait trop les allumettes
ou la métaphore du Québec
Gaétan Soucy
La petite fille qui aimait
trop les allumettes

Aurélien Boivin

Troisième roman de Gaétan Soucy, qui a déjà publié L'Immaculée Conception ( J 994)
et L'acquittement (1997), La petite fille qui aimait trop les allumettes' été acclamé
par ba critique, tantquébécoise que française, au moment de sa parution en 1998. Grande
vedette du « Printemps du Québec à Paris » (1999), dans le cadre du Salon du livre,
l'écrivain, originaire d'un quartier ouvrier de Montréal, a mérité, avec ce
roman, le prix du public de La Presse, décerné au Salon du Uvre de Montréal
( 1999), et le prix Ringuet de l'Académie des lettres du Québec ( 1999). Point
étonnant qu'un telsuccès ait obligé l'éditeur à le réimprimer à quelques reprises
et à le rééditer dans la collection Boréal compact, dès février 2000.

DE QUOI S'AGIT-IL ?
Plus près du mythe et du conte, voire de
la fable, que du roman proprement dit, La petite fille qui aimait trop les allumettes n'est pas
facile à résumer car un bon lecteur ne doit pas
se contenter du premier niveau de lecture de
cetteœuvre, riche et dense, certes, mais aussi
d'une grande portée symbolique et métaphorique (voir, plus loin, la portée de l'œuvre).
L'intrigue s'amorce sur la mort du père trouvé
pendu, événement qui perturbe l'existence
des deux enfants que le défunt a maintenus
jusque-là isolés du monde en se contentant
de leur dispenser un enseignement qu'il puise
essentiellement dans les livres, saintssurtout.
Cette disparition est, pour les deux adolescents, une véritable tragédie : « À peine pouvions-nous par nous-mêmes hésiter, exister,
avoir peur, souffrir » (p. 13), écrit dans son
grimoire, sorte de journal intime, qu'il qualifie à quelques reprises de testament, celui
des enfants qui se croit le plus intelligent et
qui prend en charge la narration. C'est encore lui qui décide de se rendreau village,
qu'il n'a jamais visité parce qu'il leur était interdit de franchir la pinède qui entoure leur
domaine, isolé, assurant ainsi, ce que le poète
Pierre Perrault a appelé « la suite du
monde ». L'enfant est bien conscient qu'il
doit, dorénavant, apprendre à composer avec
les autres, qu'il appelle les « semblables », et
avec le village tout entier, lui qui, comme son
frère, a étécondamné à vivre loin de toute

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QUÉBECFRANÇAIS I NUMÉRO 122 I ÉTÉ 2001

civilisation, qu'il ne connaît que par les livres. Le n a r r a t e u r , qui se qualifie de
secrétarien, se rend dans ce village pour acheter « une boîte à trou » (un cercueil) afin d'y
inhumer son père. Il en revient toutefois bredouille et profondément déçu. 11 y a été mal
accueilli, car, le père disparu, les «semblables » envisagent d'envahir le domaine. Le
narrateur se réfugie alors dans un hangar à
bois où il compile, dans son cahier, les événements qu'il vient de vivre, y évoquant aussi
ses sentiments et émotions. Parsemé de souvenirs, qui nous éclairent tant bien que mal
sur les secrets de cette famille, unique dans
sa marginalité, ce texte que nous lisons est
écrit dans une langue pour lemoins étonnante, ponctuée de mots inventés à la Bérénice Einberg (L'avalée des avalés de Réjean
Ducharme), d'expressions surprenantes pour
un adolescent plus ou moins instruit, et de
phrases souvent incomplètes, mais tout de
même savantes. Privés ainsi du « mortier »
paternel, les deux jeunes doivent ( r é a p prendre à vivre et adhérer à de nouvelles valeurs, à tout le moins trouver de nouveauxrepères. Chacun s'y applique à sa manière. L'un
apprend à jouer avec les fusils, perpétuant la
violence du père, dans la ferme intention de
défendre le domaine contre les envahisseurs,
l'autre, à jouer avec les mots pour découvrir
non seulement leur sens mais aussi la Vérité.
Il y a un drame dans ce roman à énigme qui
nous est révélé par bribes jusqu'au dénouement final. Le narrateur,...
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