Ando khoolhas

1110 mots 5 pages
• En respectant l'esprit de la Pointe de la douane, ce Japonais discret a imposé sa ligne minimaliste, réalisant une communion parfaite entre l'architecture et l'art.
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Un Japonais à Venise ! Le choc de deux cultures. La tradition face à la modernité la plus radicale, dans le minimalisme des lignes et des matériaux. Et pourtant, Tadao Ando, lauréat du Pritzker Prize qui offrit, en 1995, sa distinction aux orphelins du tremblement de terre de Kobe, peut aujourd'hui savourer sa consécration. Arrivé lundi du Japon, ce petit homme au caractère bien trempé sous des airs discrets savoure son bâtiment débarrassé in extremis de ses palissades, après quatorze mois de travaux, quatre visites de chantier et des mois de discussions avec la Ville, menées avec une main de fer par son coordinateur général, l'Italien Eugenio Tranquilli.
Pour son projet de fondation à la pointe de l'île Seguin, un « vaisseau flottant » en verre de plus de 243 mètres de long (nos éditions du 11 juillet 2003), François Pinault avait choisi cet autodidacte sans diplôme. Né en 1941 dans un milieu populaire d'Osaka, il entreprit, dans les années 1960, un voyage initiatique à travers le monde, à pied, en train et en bateau, avec seulement quelques sous en poche.
Séduit par son «approche humaniste de l'architecture», l'homme d'affaires breton a réussi à l'imposer de nouveau pour la Pointe de la douane, édifice blanc à bossage rustique, surmonté de sa tour carrée, éperonnant lui aussi, comme la proue d'un navire, la lagune vénitienne.
Tout en finesse pour respecter ce lieu historique mais aussi pleine de cette force moderniste propre à Tadao Ando, la réhabilitation de ce bâtiment mythique du XVe siècle, reconstruit au XVIe, est une grande réussite.
La magie de cet espace de 5 000 m², divisé en neuf nefs perpendiculaires aux canaux pour servir au débarquement et au stockage des marchandises venant de la haute mer, repose sur «un subtil et intense dialogue entre l'ancien et le moderne», explique

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