Au bonheur des ogres

Pages: 10 (2424 mots) Publié le: 14 février 2011
CHAPITRE 1
Un homme parmi tant d’autres.

Nous étions à Bruxelles, début 1985, il faisait froid, très froid. Pierre Legrand vivait seul dans un petit appartement situé dans une ruelle non-loin de la célèbre rue de la Loi. Il se collait à son chauffage, accompagné d’un gros pull en laine que sa mère lui avait offert quelques mois avant son décès. Il ne s’était pas attendu à un si grand froid cesoir-là. Il était excédé car, comme chaque soir, ses voisins d’en face du couloir se disputaient. Un jeune couple tout juste marié. Le bruit courait déjà qu’ils allaient divorcer et cela ne l’étonnait pas vraiment. Pierre trouvait ça tout de même triste. Mais il avait d’autres voisins, de l’autre côté du mur de la cuisine. Ils l’intriguaient plus particulièrement car la nuit, il y entendait desbruits étranges, comme si on y déplaçait des meubles. Mais il n’y prêtait pas plus attention que ça, même s’il se demandait un peu ce qui se passait dans leur appartement. Ils s’appelaient Mr et Mme Degeer, un couple banal, qui ne paraissait pas vraiment différent des autres, mais

Mme Degeer était une femme intrigante et elle était quelque peu taiseuse voire mystérieuse. Elle était petite,comme son mari. Lui était aussi trapu. Il allait souvent se balader dans les rues de Bruxelles, mais dès qu’on le voyait sortir, il était toujours seul, sans sa femme.
Revenons à Pierre, c’était un homme de bonne humeur en général. Etant professeur de karaté, il avait une assez bonne et grande allure, en plus de sa grande taille. Il avait les cheveux et les yeux de couleur foncée. Côté cœur, iln’avait jamais connu une histoire sérieuse dans sa vie jusqu’à présent. Sa sœur, Anne, était assistante sociale et avait le couple Degeer comme patients. Elle lui a fait part qu’ils se plaignent eux aussi de bruits étranges dans leur appartement : des objets se déplacent pendant la nuit, la télévision se met en marche toute seule, les portes laissées ouvertes claquent violemment … Ce qui ne rassuraitpas Pierre qui, malgré sa carrure qui le rend invulnérable, avait peur du paranormal et se demandait si ces phénomènes s’y rapportaient. En plus de ça, Mme Degeer ne voulait plus personne, mis à part Anne, dans leur appartement. Elle disait que c’était inconscient, qu’il fallait se méfier de ce genre de choses.
Le lendemain matin, Pierre déjeunait sur une petite table de la cuisine quand ilaperçut sur le mur qui s’opposait à lui, le mur qui séparait son appartement de celle du couple Degeer, une fissure, comme si quelqu’un avait donné un coup puissant de l’autre

côté du mur. Le soir même, Anne venait manger chez son frère, ça leur faisait plaisir de se voir et Pierre tenait vraiment à parler de ce qu’il avait vu le matin. Il avait bien préparé cettesoirée, il s’en était donné à cœur joie : il avait utilisé le livre de cuisine qu’il avait hérité de sa mère et qui n’était plus sorti


de son placard depuis des années. Il avait choisi une recette dont il savait l’amour que sa sœur y portait, il s’était donné du mal à la réussir à la perfection. Pierre était amateur de cuisine, il avait un peu l’habitude deréussir de bons plats . Il voulait vraiment faire plaisir à Anne, c’était la seule famille qui lui restait, malgré son jeune âge. Il avait quand même des amis, avec qui il était à l’école et dont il n’avait pas perdu le contact. Il les emmenait de temps en temps boire un verre dans un bistrot ou à la discothèque. Pierre aimait s’amuser, mais il n’en avait que rarement l’occasion. Une fois mis àtable, Pierre aborda le sujet des bruits nocturnes. Il lui dit :
-« Anne , je dois te parler de quelque chose … Tu m’as dit que mes voisins se plaignent de phénomènes dans leur appartement … »
Il n’eut pas le temps de finir sa phrase que sa sœur, qui semblait déjà sous l’emprise des deux verres de vin qu’elle avait bu, lança :
-« Ah ! Mr et Mme Degeer, ils sont à moitié timbrés ! Je me...
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