Babylone Andre Salvini Beatrice

32665 mots 131 pages
QUE SAIS-JE ?
Babylone

BEATRICE ANDRE-SALVINI
Conservateur général du patrimoine
Directeur du département des Antiquités orientales du Musée du louvre
Troisième édition mise à jour
8e mille

Introduction

Le prestige de Babylone était incomparable aux yeux de ses contemporains ; la renommée de la ville est la première des cinquante et une qualités et fonctions que lui attribuèrent ses sages, à la fin du IIe millénaire av. J.-C. Nulle cité au monde ne fut davantage enviée et crainte, admirée et honnie, plus souvent dévastée et reconstruite. Son aspect monumental et la vie de ses habitants furent rythmés par les grands règnes de l’histoire du Proche-Orient ancien. Chaque souverain puissant, ami ou ennemi, voulut la conquérir et y laisser son empreinte, pour l’embellir ou la détruire. Babylone était le cœur spirituel et intellectuel de toute la Mésopotamie, rayonnant sur le monde civilisé. Elle était le centre cosmique, le symbole de l’harmonie du monde, née de la puissance de son dieu suprême, Marduk, vainqueur des forces du chaos et organisateur de l’univers. Cet aspect cosmologique est à l’origine de toute la conception architecturale et décorative de la ville. La dualité réelle et mystique de Babylone lui assura un destin remarquable, bien au-delà de son existence dans le temps, jusqu’à nos jours.
La « Porte de(s) dieu(x) »
Le caractère exceptionnel de la ville se manifeste en premier lieu par l’étymologie de son nom. Il vient, à l’origine, d’un fond linguistique « proto-euphratéen », d’une langue inconnue parlée en Mésopotamie du Sud avant le sumérien et la naissance de l’écriture à la fin du IVe millénaire. Dans les textes cunéiformes, Babbil fut transcrit Bâbilu: « la Porte du dieu » en akkadien (babylonien), puis traduit en sumérien, car cette langue, morte depuis le début du IIe millénaire av. J.-C., resta toujours la langue noble, de la culture, utilisée notamment pour désigner les lieux de prestige. « Babylone » vient de la forme grecque (Βαβυλών)

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