Barthes

Pages: 9 (2108 mots) Publié le: 22 février 2011
Article
« Roland Barthes fragmentaire » Jean-Louis Major
Voix et Images, vol. 16, n° 1, (46) 1990, p. 150-153.

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Document téléchargé le 22 February 2011 07:37

Roland Barthes fragmentaire
par Jean-Louis Major, Université d'Ottawa
Un souvenir. Paris, octobre 1968: la rentrée à l'École pratique des hautes études. Dans la grande salle vétusté,l'auditoire attend, incertain. Les conversations s'effilochent. Barthes est là, cigarillo en coin, imperturbable, le regard entre l'intérêt et l'ennui. Malgré les séquelles de mai, chacun veut renouer. Dans les illuminations du Quartier latin, on a contesté les formes d'enseignement, au nom de la spontanéité. Ailleurs, quelques irréductibles tutoient les professeurs, par principe. À l'Écolepratique, de toute façon, il n'y eut jamais officiellement que des séminaires, pas de cours, ni de professeurs — des directeurs d'études. Barthes commence par faire l'éloge du séminaire, puis dissèque le mythe de la spontanéité, y décelant la banalité, le cliché. Il enchaîne avec le relevé des codes dans Sarrazine, lexie par lexie: ce qui deviendra S/Z. Le discours du maître sans le magistral,pourrait-on ironiser en le paraphrasant. L'épisode n'en recoupe pas moins l'une des constantes de l'œuvre. Explorant la conscience la plus aiguë des codes discursifs comme mode de signification, Barthes nourrit à leur endroit un rapport de fascination-répulsion. S'il entretint quelque temps — notamment dans le Degré zéro de l'écriture — l'illusion qu'on pouvait les neutraliser et que la modernité enparticulier se donnait les moyens de se tenir hors d'eux, il se reconnaît plutôt dans une pratique qui n'emprunte les discours que pour les détourner, de l'intérieur en quelque sorte, pour s'en détacher en s'y inscrivant. Cette pratique fait constamment retour sur elle-même, en son cours aussi bien qu'au-delà — si tant est qu'on puisse lui assigner une extériorité. Décalant la position du sujet en sonénonciation même, l'écriture de Barthes incorpore en outre sa propre théorisation, établit son mode de lecture et se redouble, se prolonge ou se retourne (comme on retourne un vêtement) dans la réflexion ou l'interview. Aucun de ses livres dont le titre ne se retrouve entre guillemets. Barthes annule la frontière entre l'écriture et le commentaire, mais du même coup, et du même mouvement qui lafonde, il récuse toute lecture de son œuvre. S'il jouait peut-être (pédagogiquement?) l'effarement quand on le citait à lui-même, l'attitude n'avait rien d'une feinte. Dans Lire le fragment 1 , Ginette Michaud présente un Roland Barthes fragmentaire, le terme étant à prendre hors de son acception la plus courante, aux antipodes donc d'un fragment d'une totalité visée ou à venir, qui prétendrait teniren un lieu (ou tenir lieu de) Roland Barthes, sa doctrine, sa méthode. En fait, c'est en s'opposant à cette visée totalisante que sa lecture se tient au plus près de ce que serait une «vérité»

de Roland Barthes. Dans sa conclusion, c'est encore la tentation interprétative que débusque Lire le fragment, se demandant si, malgré tout, cette volonté de puissance ne se serait pas immiscée...
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