baudelaire hymne a la beaute

Pages: 5 (1953 mots) Publié le: 25 mai 2015

www.comptoirlitteraire.com

André Durand présente

‘’Hymne à la Beauté’’

poème de Charles BAUDELAIRE

dans

‘’Les fleurs du mal’’
(1857)


Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de I'abîme,
Ô Beauté? Ton regard, infernal et divin,
Verse confusément le bienfait et le crime,
Et l'onpeut pour cela te comparer au vin.

Tu contiens dans ton oeil le couchant et I'aurore ;
Tu répands des parfums comme un soir orageux ;
Tes baisers sont un philtre et ta bouche une amphore
Qui fait le héros lâche et I'enfant courageux.Sors-tu du gouffre noir ou descends-tu des astres?
Le Destin charmé suit tes jupons comme un chien ;
Tu sèmes au hasard la joie et les désastres,
Et tu gouvernes tout et ne réponds de rien.

Tu marches sur des morts, Beauté, dont tu te moques ;
De tes bijoux I'Horreur n'est pas le moinscharmant,
Et le Meurtre, parmi tes plus chères breloques,
Sur ton ventre orgueilleux danse amoureusement.

L’éphémère ébloui vole vers toi, chandelle,
Crépite, flambe et dit : Bénissons ce flambeau !
L’amoureux pantelant incliné sur sa belle
A l’air d’un moribond caressant son tombeau.

Que tu viennes du ciel ou deI'enfer, qu'importe,
Ô Beauté ! monstre énorme, effrayant, ingénu !
Si ton oeil, ton souris, ton pied, m'ouvrent la porte
D'un Infini que j'aime et n'ai jamais connu?

De Satan ou de Dieu, qu'importe? Ange ou Sirène,
Qu'importe, si tu rends, - fée aux yeux de velours,
Rythme, parfum,lueur, ô mon unique reine ! -
L'univers moins hideux et les instants moins lourds?

Commentaire

À sa question intiale, «Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l'abîme, ô Beauté?» Baudelaire donna une réponse qui varia selon les époques. Il avait placé d’abord, dans ‘’Les fleurs du mal’’, un sonnet intitulé ‘’La Beauté’’, qui datait de 1844-1845 et où il la symbolisait par une statueimpassible, la considérait comme une image des «clartés éternelles».
‘’Hymne à la Beauté’’, poème formé de sept quatrains d’alexandrins à rimes croisées, qu’il composa dans la dernière période de sa vie, qui fut publié le 15 octobre 1860, dans ‘’L’artiste’’, et qui n’apparut que dans la seconde édition des ‘’Fleurs du mal’’, présenta une conception plus moderne de la beauté, plus inquiétante aussi,en accord avec I'inspiration même du recueil.
Montrant la fascination qu’elle exerce sur lui, il la présente d’abord comme ambiguë et contradictoire, à la fois divine et satanique, ce caractère double entraînant une équivoque qui est poursuivie tout au long du poème, produisant le sentiment du gouffre, un vertige. De plus, l’identifiant à la Femme, par une fusion artistique très réussie, ilcraint de s’y perdre. Mais, finalement, il voit en elle le moyen d’accéder à l’Infini, d’échapper au spleen.

Dans la première strophe, Baudelaire, pour qui la beauté se présente d'emblée comme un mystère qu'il ne cesse d'interroger, s’adresse à elle pour chercher d'abord à cerner son origine. Que ce soit du «ciel profond» ou de «l’abîme», elle émergerait toujours d'une vastitude. On constate, au vers2, qu’il la personnifie ; qu’à son «regard, infernal et divin» (ces deux mots étant rapprochés par le son «in») sont attribués deux qualités fondamentalement antithétiques, cette ambivalence et cette ambiguïté («confusément») étant confirmée au vers 3 par les conduites contraires qu’elle inspire («le bienfait et le crime»). Il apparaît quelque peu étonnant qu’ensuite il puisse, d’une façon...
Lire le document complet

Veuillez vous inscrire pour avoir accès au document.

Vous pouvez également trouver ces documents utiles

  • "hymne a la beauté " baudelaire
  • Hymne à la beauté, baudelaire
  • Hymne a la beauté, baudelaire, commentaire de texte
  • Hymne à la beauté, charles baudelaire commentaire composé
  • Hymne la Beauté Baudelaire
  • Hymne à la beauté commentaire
  • Hymne a la beauté
  • Hymne à la beauté

Devenez membre d'Etudier

Inscrivez-vous
c'est gratuit !