baudelaire traducution en chinois

494 mots 2 pages
L'albatros
Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
通常,为了取乐,
水手们捉住了信天翁,这些海上的飞鸟,
是懒洋洋的旅伴,他们追随着
滑行在苦涩深渊上的船只。

一旦这些蓝天之王被置于甲板上,
笨拙而羞怯,
只能可怜地任自己白色巨翼
像大桨般拖在身子两旁

这带翅的旅行者,他多么呆笨而软弱!
不久以前还那般漂亮,现在却又丑又搞笑!
一个水手用烟斗逗弄他的嘴,
另一个跛行着,模仿着这不久前还翱翔的残废!

诗人就像是云中之王,
他傲视风暴,嘲笑弓箭手,
一旦被流放在嘲弄声的土地上,
他的巨翅便成了他前进的累赘。

A une passante

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !

致一位路过女子
噪杂的大街在我周围喧闹,
纤细修长,满含哀愁,庄严温柔,
一位女士走过,抬起摇晃花饰和衣边的手
圆润又华丽。

她那雕塑般的腿儿灵巧而高贵,
我呢,我喝着酒,像个怪人似的带着愠怒,
在她的眼眸里,苍白的天孕育着风暴,
她的温柔让人着迷,让人愉悦不能自已。

一道闪电…然后黑夜!-顾盼间
转瞬的美好似令我重生,
难道以后我再也见不着你了吗?

你去了远方,离这太远!太迟了!也许永不会再相见!
因为我不知道你去往了何处,你也不知我要去哪里,
哦,我曾深爱的你,哦,你也曾知道这一点!

喧闹的街巷在我周围叫喊。
颀长苗条,一身哀愁,庄重苦楚,
一个女人走过,她那灵动的手
提起又摆动衣衫的彩色花边。

轻盈而高贵,一双腿宛若雕塑。
我紧张如迷途的人,在她眼中,

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