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Secteur réel et secteur financier chez les néoclassiques et les keynésiens Quelques considérations de principe du point de vue classico-keynésien Heinrich Bortis, Université de Fribourg / Suisse

Introduction et problème

Le traitement des relations entre secteur réel et secteur financier d’un point de vue classico-keynésien implique nécessairement une mise en opposition avec la théorie néoclassique, actuellement dominante. Afin de mieux mettre en relief nos propositions classico-keynésiens, qui impliquent naturellement la vision keynésienne des faits réels et financiers, nous allons donc les comparer avec la vue néoclassique du sujeti. Selon la théorie néoclassique, les marchés financiers sont les marchés les plus parfaits. Léon Walras considérait déjà la bourse comme le marché idéal. En effet, l’offre et la demande d’un bien parfaitement homogène s’y trouvent réunis dans un même lieu et le commissaire-priseur peut rapidement établir l’équilibre. Dans la théorie néoclassique, la monnaie et la finance sont certes importantes, mais pas d’une importance fondamentale. Les marchés financiers sont des marchés situés au même niveau que les autres marchés. Néanmoins, le lien effectif de la monnaie et des marchés financiers avec l’économie réelle est peu claire. Ainsi Walras, dans ses Eléments d’économie politique pure traite d’une économie d’échange réel (real exchange economy) et introduit la monnaie seulement dans la 6ème section (sur 8) pour faciliter les échanges. Cette vision des choses implique que les banques remettent tout simplement l’épargne aux investisseurs. En fait, à long terme,

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c’est l’épargne qui détermine le volume d’investissement. La loi de Say s’impose en dernière instance. Néanmoins, certains économistes néoclassiques sont conscients de l’importance de la monnaie et du crédit bancaire. C’est le cas, par exemple d’Alfred Marshall qui a ainsi élaboré une théorie monétaire de l’échange. Dans ce cadre, l’expansion ou la contraction

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