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Pages: 51 (12739 mots) Publié le: 20 mars 2013
L'AFFAIRE CALAS



Le monitoire était une sorte d'appel à témoins. Il était lu et placardé dans les églises. Les rumeurs recueillies constituaient des quarts de preuves. En les additionnant, on «prouvait» ainsi la culpabilité des accusés. Voltaire s'indigne : «Ces Visigoths ont pour maxime que quatre quarts de preuve, et huit huitièmes, font deux preuves complètes, et ils donnent à desouï-dire le nom de quarts de preuve et de huitièmes. Que dites-vous de cette manière de raisonner et de juger ? Est-il possible que la vie des hommes dépende de gens aussi absurdes ?» Le monitoire diffusé pour Calas était un monument de partialité : l'hypothèse du suicide n'était même pas soulevée, le désir de conversion de Marc-Antoine passait pour une certitude. «Avec un pareil acte, écrit Michelet, leprocès était tout fait, tout jugé.»[pic] [pic]Calas roué place Saint-Georges (gravure de Dodd). [pic]



|19 mars 1698 : naissance à Lacabarède, près de Castres, de Jean Calas, de famille protestante; l'enfant reçoit quatre jours plus tard le baptême de |
|pure forme de l'Eglise catholique.|
|19 octobre 1731 : Jean Calas épouse Anne-Rose Cabibel, protestante comme lui. Il est installé depuis 1722 comme marchand lingier rue des Filatiers à |
|Toulouse. Le couple aura quatre fils (Marc-Antoine, Pierre, Louis et Donat) et deux filles, Anne et Anne-Rose. |
|7 novembre 1732 : Baptême de Marc-Antoine Calas.|
|1756 : Conversion au catholicisme de Louis, peut-être due à l'influence de la servante très pieuse Jeanne Viguière. |
|18 mai 1759 : Marc-Antoine Calas, reçu bachelier en droit, ne peut obtenir des autorités ecclésiastiques le certificat nécessaire à la soutenance des|
|actes de licence.Il se résigne mal à vivre dans la maison paternelle. |
|24 janvier 1761 : Lettre du subdélégué de Toulouse à l'intendant du Languedoc faisant état de la mauvaise volonté de Jean Calas à subvenir aux |
|besoins de son fils Louis, qui ne vit plus sous le toit familial.|

|13-14 octobre 1761 : Marc-Antoine Calas est trouvé étranglé au rez de chaussée de la maison. Le capitoul David de Beaudrigue mène l'enquête. Il est |
|peut-être vite influencé par la rumeur attribuant le meurtre à la fureur de Jean Calas, motivée par une prochaine conversion de son fils au |
|catholicisme.|
|15 octobre 1761 : Interrogatoire sur écrou de Jean Calas, de son fils Pierre, et de Gaubert Lavaisse, leur invité le soir du drame. Les accusés |
|soutiennent d'abord la thèse du meurtre par un inconnu, puis, sur le conseil de leurs avocats, révèlent avoir trouvé Marc-Antoine pendu. Ilsauraient |
|maquillé ce suicide en meurtre et menti aux enquêteurs pour épargner au défunt la honte d'un crime contre soi-même. |
|18 novembre 1761 : Sentence des Capitouls affirmant la culpabilité des accusés, Jean, Anne-Rose, Pierre Calas, Jeanne Viguière et Lavaisse. Ceux-ci |
|plaident leur innocence et font appel devant le Parlement de Toulouse.|
|9 mars 1762 : Le Parlement, jugeant d'après les éléments d'enquête des Capitouls, disjoint cependant les cas des accusés et, après hésitation, par |
|huit voix sur treize, condamne au supplice le seul Jean Calas. |
|10 mars 1762 :...
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